ÉCRITES DE LA MONTAGNE.
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Les crimes les plus atroces, les assassinats même ,ne sont pas et ne doivent pas être poursuivis par-devant d'autres tribunaux que ceux des lieux où ilsont été commis. ’Si un Génevois tuoit un homme,même un autre Génevois , en pays étranger, le Con-seil de Genève ne pourroit s’attribuer la connois-sance de ce crime : il pourroit livrer le coupables’il étoit réclamé, il pourroit en solliciter le châti-ment ] mais, à moins qu’on ne lui remît volontaire-ment le jugement avec les pièces de la procédure,il ne le jugeroit pas, parce qu’il ne lui appartientpas de connoître d’un délit commis chez un autresouverain, et qu’il ne peut pas même ordonner lesinformations nécessaires pour le constater. Voilala règle, et voilà la réponse à la question, « Que3» fera le gouvernement de Genève ? « Ce sont iciles plus simples notions du droit public , qu’il seroithonteux au dernier magistrat d'ignorer. Faudra-t-iltoujours que j’enseigne à mes dépens les élémentsde la jurisprudence à mes juges?
« Il devoit, suivant les auteurs des représenta-» tions , se borner à défendre provisionnellement» le débit dans la ville (page 12). » C’est en effettout ce qu’il pouvoit légitimement faire pour con-tenter son animosité ; c’est ce qu’il avoit déjà faitpour la Nouvelle Héloïse ; mais voyant que le par-lement de Paris ne disoit rien , et qu’on ne faisoitnulle part une semblable défense , il en eut honte ,et la retira tout doucement(a). « Mais une improba-
(a) Il faut convenir que si Y Émile doit être défendu, YHèloisc