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LETTRES
comme la souveraineté tend toujours au relâche-ment , le gouvernement tend toujours à se renfor-cer. Ainsi le corps exécutif doit l’emporter à la lon-gue sur le corps législatif ; et quand la loi est enfinsoumise aux hommes , il ne reste que des esclaves6t des maîtres ; l’état est détruit.
Avant cette destruction, le gouvernement doit,par son progrès naturel, changer de forme et pas-ser par degrés du grand nombre au moindre.
Les diverses formes dont le gouvernement estsusceptible se réduisent à trois principales. Aprèsles avoir comparées par leurs avantages et par leursinconvénients, je donne la préférence à celle quiest intermédiaire entre les deux extrêmes, et quiporte le nom d’aristocratie. On doit se souvenir icique la constitution de l’état et celle du gouverne-ment sont deux choses très-distinctes, et que je neles ai pas confondues. Le meilleur des gouverne,ments est l’aristocratique ; la pire des souverainetésest l’aristocratique.
Ces discussions en amènent d’autres sur la manièredont le gouvernement dégénère, et sur les moyensde retarder la destruction du corps politique.
Enfin, dans le dernier livre, j'examine, par voiede comparaison avec le meilleur gouvernementqui ait existé, savoir celui de Rome , la police laplus favorable à la bonne constitution de l’état ;puis je termine ce livre et tout l’ouvrage par desrecherches sur la manière dont la religion peut etdoit entrer comme partie constitutive dans la com-position du corps politique.