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LETTRES
reil cas , pour les observer toutes deux, on devroitplutôt élire un syndic ad actum. A ce mot, tout estperdu. Un syndic ad actum innovation ! Pour moi,je ne vois rien là de si nouveau qu’ils disent : sic’est le mot, on s’en sert tous les ans aux élections ;et si c’est la chose, elle est encore moins nouvelle,puisque les premiers syndics qu’ait eus la ville n’ontété syndics qu 'ad actum. Lorsque le procureur-gé-néral est récusable , n’en faut-il pas un autre ad ac-tum pour faire ses fonctions ? et les adjoints tirés duDeux-cents pour remplir les tribunaux, que sont-ils autre chose que des conseillers ad actum ? Quandun nouvel abus s’introduit, ce n’est point innoverque d’y proposer un nouveau remède ; au contraire,c’est chercher à rétablir les choses sur l’ancien pied.Mais ces messieurs n’aiment point qu’on fouille ainsidans les antiquités de leur ville ; ce n’est que danscelles de Carthage et de Rome qu’ils permettent dechercher l’explication de vos lois.
Je n’entreprendrai point le parallèle de celles deleurs entreprises qui ont manqué et de celles qui ontréussi : quand il y auroit compensation dans le nom-bre , il n’y en auroit point dans l’effet total. Dansune entreprise exécutée ils gagnent des forces, dansune entreprise manquée ils ne perdent que du temps.Vous, au contraire, qui ne cherchez et ne pouvezchercher qu’à maintenir votre constitution, quandvous perdez, vos pertes sont réelles ; et quand vousgagnez, vous ne gagnez rien. Dans un progrès decette espece comment espérer de rester au mômepoint ?