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LETTRES
démentie par tous les édits. Vous me ferez plaisir,monsieur, si je me trompe, de m’apprendre en quoipèche mon raisonnement.
Cependant cet auteur, tics-content du sien, de-mande comment, « si le législateur n’avoit pas con-» sidéré de cet œil le petit Conseil, on pourroit» concevoir que dans aucun endroit de l’édit il n’en» réglât l’autorité, qu’il la supposât partout, et qu’il» ne la déterminât nulle part (a).
T’oserai tenter d'éclaircir ce profond mystère. Lelégislateur ne règle point la puissance du Conseil,parce qu’il ne lui en donne aucune indépendam-ment des syndics ; et lorsqu’il la suppose , c’est enle supposant aussi présidé par eux. Il a déterminéla leur, par conséquent il est superflu de déterminerla sienne. Les syndics ne peuvent pas tout sans leConseil, mais le Conseil ne peut rien sans les syn-dics ; il n’est rien sans eux, il est moins que n’étoitle Deux-cents même lorsqu’il fut présidé par l’au-diteur Sarrazin.
Voilà, je crois, la seule manière raisonnabled’expliquer le silence des édits sur le pouvoir duConseil; mais ce n’est pas celle qu’il convient auxmagistrats d’adopter. On eût prévenu dans le régle-ment leurs singulières interprétations, si l'on eûtpris une méthode contraire , et qu’au lieu de mar-quer les droits du Conseil général, on eût déter-miné les leurs. Mais pour n’avoir pas voulu dire ce
(a) Lettres écrites de la campagne, page 67.