DES TERRES. 3
tée qu’on y épargnât d’autant moins les engrais , quele transport en était plus facile ; leur indépendanced’aucun domaine a favorisé le concours d’un plusgrand nombre de fermiers. Enfin, ceux-ci n’ayantqu’un petit espace voisin de leur habitation à cultiver,n’ont épargné aucun des soins dont ils étaient capablespour en augmenter la fertilité.
Tl n’est donc pas étonnant qu’elles aient acquis à lalongue plus de force productive. Mais a-t-elle été por-tée au triple de ce qu’elle était dans l’origine? Non,sans doute. 11 suffit, pour s’en convaincre , de jetterun coup-d’œil sur la récolte des unes et des autres.On yappercevra, à la vérité, de la différence, elley sera même très-sensible ; mais elle ne paraîtra pasénorme , ni même , à beaucoup près , aller du simpleau double.
Quelle est donc l’augmentation en force productivenécessaire et suffisante pour qu’une coupée de terre,dont le fermage sur le pied de 40 k 44 sous était à sajuste valeur , parvienne à valoir 6 liv. d’amodiation ,même avec du bénéfice pour le fermier ? Telle est laquestion qu’on s’est proposé de résoudre.
Mais , avant de passer aux calculs que cette espècede problème exige , il est à propos d’établir prélimi-nairement des principes dont la vérité soit incontes-table , et de partir d’après des données qui ne sau-raient être d’une exactitude rigoureuse , puisqu’ellesportent sur des objets qui varient quelquefois d’unecontrée à une autre contrée , et changent, pour ainsidire tous les ans, dans la même contrée ; mais qu’onétablira sur des moyennes proportionnelles assezexactes pour ne pouvoir être raisonnablement con-tredites.
Commençons par bien concevoir ce qu’est le fer-mage d’un fonds de terre labourable , et par en bienreconnaître la base essentielle. Je définirai le fermageun abonnement consenti par le propriétaire j en vertu