raient toute entière , et leur supposât-on autant degénie et de sagacité qu’à M. Young.
Certainement la description topographique, et can-ton par canton , de toutes nos provinces, où l’onn’omettrait rien de ce qui concerne l’économie rurale,serait le plus beau présent qu’on pût faire à la France .Mais qui peut rassembler ces matériaux épars, lesmettre en ordre, élaguer les superfluités, indiquer deSréformes, proposer des essais, en publier les résultats,sinon une société d’agriculture centrale à laquellecorrespondirent* des sociétés en second et troisièmeordre , en supposant toutefois que ces sociétés parti-culières dirigeassent leur travail conformément auxvues simples, claires et si parfaitement développéespar M. de Malesherbes dans unmémoire lu à la sociétéen 1790 ?
S’il m’était permis d’ajouter quelques réflexions auxsiennes, je dirais qu’il m’a paru que la plus grandedifficulté qu’ait à vaincre une société naissante, con-siste , à l’égard de chacun des membres qui la com-posent, dans l’embarras du choix d’un sujet à traiter,mais puisque la ci-devant académie des sciences a in-terrogé des artisans pour donner une belle et ampledescription des arts mécaniques, je voudrais qu’à sonimitation , et pour perfectionner le premier des arts ,la principale fonction des sociétés correspondantes àla société centrale, fut d’interroger les agriculteurspratiques des cantons de leur arrondissement, de ré-diger leurs réponses, et de nous transmettre une des-cription détaillée du climat , des productions , descultures , des instrumens aratoires , des alimens, desusages , de l’emploi du tems , et même des mœursrustiques des habitans. Dès-lors, plus d’incertitude,plus d’embarras, et sur-tout plus de crainte de n’avoira dire que des choses trop connues pour n’être pointtriviales.
Le recueil de ces mémoires , rédigé avec ordre etcirconscrit dans de justes limites par des mains ha-