DE LA CROISSANCE D*UN TAILLIS . 2o3donc à propos que l’auteur d’une théorie, apres avoirdémontré les principes qui la fondent, s’empresse d’in-diquer les expériences qui la vérifient, qu’il s’efforced’en abréger et d’en faciliter l’exécution, et sur-toutd’en généraliser l’application, de sorte qu’il ne failleplus qu’un talent médiocre pour les répéter, et que lepublic, détrompé d’une routine vicieuse, mais enra-cinée , se détermine en faveur d’un procédé assezévidemment avantageux pour être universellementadopté.
Tel est, relativement à ma théorie sur l’économieforestière , le but que je me suis proposé, et que jeme suis efforcé d’atteindre dans ce mémoire, qui ser-vira de supplément à ceux que j’ai déjà publiés surcette matière.
J’ai annoncé, dans l’introduction de mon ouvragesur les bois , que j’entrevoyais la possibilité de per-fectionner ma méthode pour parvenir à la connaissanceprécise du maximum de la croissance cî’un taillis quel-conque , en quelque terrain qu’il frit situé ; j’ai ajoutéque j’espérais de confirmer ma théorie par des expé-riences qui parleraient aux sens, et que je rendraisplus rigoureusement exacte l’application pratique duprincipe d’où j’étais parti; j’ai dit, enfin, que cesexpériences étaient commencées, mais qu’elles exi-geaient du te ms.
Elles en exigent, en effet, beaucoup trop pour meflatter de donner jamais des résultats complets sur unematière aussi vaste. I.e tems qui ne manque point à lanature, manque à l’homme qui l’étudie. Mais , ensupposant que mes essais puissent être utiles , il msreste l’espoir d’en laisser apres moi la suite et le rap-port en de plus jeunes mains. Mon fils en rendracompte un jour, si les dispositions heureuses que jelui vois et son goût pour l’agriculture se perpétuent.
Je dois me hâter de faire part d’un changement quej’ai apporté dans la disposition de mes premières ex-périences , parce que je me suisapperçu qu’il pouvait