vicieuse des Villes. 7
quel point il íeroit poílible de remédier k tant d’inconvéniensauxquels une longue habitude nous a rendu en quelque forte in-sensibles , ou que du moins elle nous a fait regarder jusqu’icicomme inséparables des sociétés.
II est k croire que íì des matières auílì importantes pour l’hu-manité n’ont pas été approfondies, c’est parce que l’utile nouséchappe presque toujours , ou plutôt que nous ne voyonssouvent son exécution qu’k travers une complication de moyensqui le rendent impraticable. Je me propose, en envisageant lesobjets dans le grand, suivant toutes leurs faces, leurs rapports ,leurs différences, leurs circonstances locales, d’examiner ici com-ment on pourroit tirer un parti avantageux des élémcns, c’est-k-dire, les diriger pour la plus grande utilité des hommes, & defaçon k les empêcher de nuire dans les Cités. D’abord je montreraicomment il seroit k propos de disposer une Ville pour le bonheurde ses habitans, quels font les moyens d’opérer fa salubrité, & quelledoit être la distribution de ses rues pour éviter toutes sortes d’acci-dens. Ensuite je ferai voir quelle est la maniéré la plus avantageusedc placer sescgoûts , de repartir ses eaux, 6c comment il est possiblede construire les maisons de façon k les mettre k couvert des in-cendies ; & enfin par supplication des principes que j’aurai établis,je prouverai que nos Villes, quelques défectueuses qu’elles soientpar leurs constitutions physiques, peuvent k bien des égards êtrerectifiées suivant mes vues.
Pour ne rien laisser h désirer, je donnerai par la fuite unê théoriefur les débordemens des rivières, où l’on verra par quel procédé,ii seroit possible de les diminuer considérablement, & d’arrêter enpartie leurs funestes effets : j'examinerai encore jusqu’k quel pointon peut assurer les maisons en pierre,par leur construction,contreles secousses des tremblemens de terre : l’importance de ces ma-tières exigeant d’entrer dans des discussions étendues, j’ai cru de-voir les traiter séparément dans une autre partie dc ces Mémoires.