vicieuse des Villes. 31
de Rome , qui comprenoit dans son enceinte sept montagnes.Dans rimpoíììbilité d’étendre leur Ville au milieu des vallons quiformoient autant de ravins, ces peuples furent contraints de prati-quer pour recevoir les eaux , ces cloaques ou aqueducs soûter-reins dont on voit encore aujourd’hui des ruines (a), & desquelsils se servirent en même-tems avec avantage pour l’écoulement &le transport de toutes leurs ordures. Ces cloaques ne parcou-roient pas toutes les rues, ils étoient seulement distribués dans leslieux les moins élevés de cette Capitale, & venoient tous se rendredans un autre beaucoup plus grand, appellé cloaca maxima, qui sedébouchoit dans le Tybre entre le mont Aventin & Palatin. Onavoit réuni sept sources ou sept ruisseaux dans de vastes réser-voirs, qu’on lâchoit fréquemment dans ces voûtes soûterreines ,pour les nettoyer & entraîner successivement tout ce qui y avoitété jetté. II est à remarquer qu’autant ces égoûts ont été au-trefois utiles à cette Capitale, autant ils lui font funestes au-jourd’hui : faute d’avoir été entretenus depuis un tems immé-morial, ils font presque comblés ; & comme les eaux y filtrenttoujours fans avoir un écoulement suffisant , il s’eníuii qu’cuy croupissant, elles causent en partie, ces exhalaisons pernicieusesque l’on respire de toutes parts à Rome & dans ses environs,lesquelles rendent pendant l’été son séjour si dangereux.
§. 11. De la conduite ordinaire des eaux.
Il est d'u sage de transférer l’eau des diflérens réservoirs où onles éleve, soit dans les fontaines publiques, soit dans les maisons,à l’aide de tuyaux de plomb placés dans les terres à trois à quatrepieds au-dessous du pavé des rues : il arrive de^à que l’on est obligé
(a) Ce n'est pas qu’on n’ait construit deségoûts soûterreins fous une partie des rues deplusieurs Villes ; à Londres entr’autres, il y aquelquefois un égoûc des deux côtés des prin-cipales rues, le long de chaque trotoir. Maisnulle parc ou ne les a dispose de mamere à
ne point infecter les rivières dans leur trajet àtravers des Villes ; jamais ils n-ont eu pour butque de recevoir les eaux des ruisseaux ; & aucu-nement d’opérer le nettoyement des rues , 1ctransport de leurs ordures , & de faciliter lesréparations des tuyaux de conduite.