VICIEUSE DES VlIEES. 51
tems au soleil, on couvre les murailles d’une couche de mortierde chaux que l'on unit le plus que l’on peut : parmi ce mortier onmêle du verd de Moscovie & un peu de gomme pour rendre lachaux plus gluante : en frottant les murs avec une grosse brosse,on parvient h les rendre brillans & luisans comme du marbre (a).Qui empêcheroit par quelques procédés semblables d’embellirles murs des maisons en briques, de façon à ne le point céder pourle coup d’œil à celui des maisons en pierres ? Presque tout est en-core à raisonner dans la bâtisse.
ArTICEE SEPTIEME.
Possibilité de conjhuire les maisons , de maniéré à obvier
aux incendies.
D epuis long-tems l’on a dit avec raison qu’il seroit à désirer quel’on pût proscrire le bois de la construction des bâtimens, pourmettre la vie & la fortune des citoyens à couvert des incendies.Que de ravages ne causent-ils pas! En effet, fans remonter à destems trop éloignés, il y a cent ans que presque toute la Ville deLondres fut réduite en cendres : en 1721 , huit cens cinquantemaisons furent brûlées à Rennes en Bretagne : en 1728, soixante-& quatorze rues deCoppenhague furent dévorées par les flammes.On a vu, soit h Moscow, soit à Constantinople, brûler h diversesfois des parties de ces Capitales auffi considérables que notre Fâux-b-ourg saint Germain h Paris : de toutes parts on est continuelle-ment exposé á ce redoutable fléau.
II y a peu d’endroits, par exemple, où les incendies soient aussifréquents que dans la Capitale de l’Angleterre, au point qu’il s’estétabli plusieurs Chambres d’Assurance,qui, moyennant un rede-vance annuelle par chaque maison , l’assurent contre l’événementdu feu, comme l’on assure un vaisseau, qui entreprend un voyagede long cours, contre les naufrages.
(<r) Voyages de Tavernier, ton:. 1, pag. a8,
Gij