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L’UNIVERS.
pûmes si bien faire que celui-ci ne sejetât encore à la mer le 21 avril,comme nous étions en vue d’une bellecôte située au sud-est, pleine de bois,de verdure, de palmiers et de terrescultivées. C’était vers le 12° de latitude :nous envoyâmes donner avis de notreperte au vaisseau amiral, ce qui n’em-pêcha pas qu’un de leurs prisonniersn’en fit autant; et, si le quatrième nesuivit pas le même exemple, c’estqu’il était leur esclave, et qu’il se trou-vait mieux traité parmi nous qu’il nel’avait été chez ses maîtres de l’île Tau-mako. »
GÉOGRAPHIE.
Tikopia , petite îlesituéepar le Pla-titude sud, a environ sept à huit millesde tour. Elle est élevée, montueuse etbien boisée, hérissée de pitons, et deformation volcanique ancienne. Ellen’a point de port. On l’approche d’as-sez près sur le bord de la mer. Dansle sud-est est un étang d’eau saumâtre,peuplé de canards sauvages.
RACE , PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE.
Les habitants de cette île, grands, ro-bustes et d’une couleur cuivre peu fon-cée (voy. pl. 218 et 301), au nombred’environ cinq cents, appartiennent à larace polynésienne.Mais on y trouve d éjàun mélange d’unedes deuxraces noiresde la Mélanésie , celle des Papouas , laplus belle des deux. Ils portent, commeles Carolins, les cheveux longs et flot-tants sur les épaules. Ils leur ressem-blent beaucoup par leur bonté, leurdouceur, leur gaieté et leur confiance,et, comme eux, ils se tatouent la poi-trine et le dos. Nous les croyons, aureste, issus des Carolins. Quelques-uns, imitant les Mélanésiens de Vani-koro, mettent des anneaux d’écaillede tortue à leurs oreilles et dans lacloison du nez.
Dillon nousapprend, d’après ce qu’ila ouï dire au matelot Buchart, que lesTikapiens sont extrêmement doux ,inoffensifs, généreux et hospitaliers,comme le prouve suflisammentl’accueil
qu’ils ont fait à ce même Buchart, aulascar Joé et à unefemme de Viti queDillon y laissa, et qui y furent bienaccueillis.
Us n’avaient jamais eu aucune com-munication avecd’autres bâtiments quele Hunter, en 1813 ; mais ils disent que,longtemps avant son apparition, unbâtiment s’étant présenté en vue del’île, ils s’imaginèrent qu’il contenaitde mauvais génies venus pour les dé-truire. Ce bâtiment mit son canot àla mer et s’approcha de terre ; maisles habitants assemblèrent toutes leursforces pour s’opposer au débarquement.Les hommes du canot firent plusieurstentatives pour débarquer, mais sanseffet, et ils retournèrent à bord de leurbâtiment, qui appareilla aussitôt, etqui fut bientôt hors de vue, à la grandejoie desTTikopiens. Le capitaine Dillondit que ce bâtiment devait être leBarnwel, en 1798.
Quelques années après,une pirogueavec quatre hommes fut poussée parles courants de Rotouma (îles Grenvillede la Pandore) à Tikopia , qui en estéloignée de 465 milles. On leur donnaconnaissance du bâtiment qui portaitles mauvais génies ; mais les Rotou-miens les détrompèrent et leur direntqu’ils avaient fréquemment de sem-blables visiteurs à Rotouma, et qu’ilsétaient toujours bien venus; car, aulieu d’être de mauvais génies, les hom-mes des bâtiments étaient bons, qu’ilsvenaient d’un pays éloigné pour leurdonner des objets de coutellerie et deverroterie. Le Hunier était le premierbâtiment qui se présentait à Tikopia depuis cette époque, et les habitantsfurent très-heureux quand ils l’aperçu-rent.
MOEURS ET COUTUMES , RELIGION, GOUVER-NEMENT, INDUSTRIE, mc.]
Plusieurs usages de ces indigènessont extraordinaires. Le capitaine Dil-lon fut surpris du grand nombre defemmes que l’on voit à Tikopia ; il estau moins trois fois plus considérableque celui des hommes; il apprit quetous les enfants mâles, à l’exceptioa