DES FORÊTS. I 53
de ses bienfaits ; telle est la seconde des formesque prend la reproduction des forêts.
Cependant les souches ne conservent pas indé-finiment leur force régénératrice ; parvenues àun certain âge, comme ans à peu près pourles especes les plus vivaces, telles que le chêne,3oans pour le hêtre el2oans pourles bois blancs,elles ne donnent plus guère que des rejets rareset débiles qui, la plupart, périssent prématurément.On peut admettre à la rigueur qu’une forêt résisteà deux ou trois exploitations faites à des âges pro-longés ; mais une époque arrive inévitablementoù l’on voit les clairières se former, les arbustesparasites s’emparer du sol, les souches rester im-productives, et la forêt s’acheminer vers une en-tière destruction, qu’on ne peut prévenir quepar l’abandon du système des coupes surannées etpar l’application d’un régime réparateur.
D’un autre côté, il est reconnu que les arbresqui croissent dans l’état serré ne deviennent aptesà la fructification que vers l’âge de 60 à 80 ans(pour les bois durs), et qu’ils ne parviennentau plus haut point de fertilité que vers l’âge de120 ans. On pourrait partir de ces faits, sur les-quels l’expérience a prononcé positivement, pourtracer une ligne de démarcation bien dessinéeentre les taillis et les futaies. Les taillis,dirait-on,sont les bois dont l’exploitabilité ne dépasse pasla limite de 4oans,et les futaies sont les bois dont