DES FORÊTS. l63
représentaient guère que la valeur du travail ne-cessaire pour transporter et débiter des arbresmorts, ou pour ramasser des débris épars surle sol.
Pourrait-on douter que tel n’ait été l’état à peuprès général des forets à une époque lointaine ,lorsque aujourd’hui encore nous voyons des pro-priétés boisées qui existent dans des conditionsabsolument semblables?
« On trouve en France , aussi bien que dans lesautres parties de l’Europe , dit un auteur (i), desforets qui ne donnent pas de rente foncière ,si ce n’est celle du pâturage et de la glandée. Dansquelques cantons du département du Var , cl dansbien d’autres contrées , les chênes ne s’estimentque d’après le produit de leurs glands ; les pinsne se vendent que 2 fr. la pièce lorsqu’ils sontabattus. Il est d’autres forets moins productivesencore ; uniquement destinées au pâturage, ellesrendent à peine de quoi payer les frais de gardeet l’impôt : elles ne subsistent que parce qu’onne prend pas la peine de les détruire. »
Cette dernière phrase nous retrace le tableau,et, en même temps, nous offre l’explication du
valle de loO ou de 200 ans, les arbres des forets n’étaientestimés qu’en raison de l’utilité qu’on retirait de leursfruits.
(1) Noirot ainé, Traité de la Culture des Forêts,page 152.