DES FORÊTS. 287
« Une erreur capitale, et pourtant très-accrédi-tée, c’est de penser que l’administration,lorsqu’elleaura achevé de régulariser l’aménagement des fo-rets,sera parvenue au terme de son œuvre de créa-tion, et qu’elle entrera dans une ère de repos,en meme temps que les forets entreront , dansune période d’immutabilité. L’action créatricede l’administration doit, au contraire, s’exercerd’une manière continue : elle se montre sousdes formes diverses, et selon l’état des forêts,en opérant tantôt des transformations progres-sives , tantôt des transformations rétrogrades :la permanence indéfinie des aménagements pa-raisse les forces de la nature, et restreint laproduction dans des limites inférieures à cellesqu’il est possible de lui faire atteindre. (1)
« L’administration elle-même doit inévitable-ment subir des transformations organiques ; jus-qu’à ces derniers temps, elle n’a guère été cons-tituée qu’en vue de la conservation ; elle com-mence à se constituer en vue de la conservationet de la production; plus tard, elle se cons-tituera en vue de la conservation f de la pro-
(1) Nous avons fait voir (page 196 et suiv.) que les forêts ren«ferment de grands capitaux dépourvus de force productive,et nous avons soulevé la question de savoir de quelle manièreon pourrait féconder ces richesses stériles : il y a là un pro-blème qui appelle les recherches des forestiers, et qui nou*parait devoir ouvrir une large carrière à leur activité,