82 des Proportions
lant, Viola & Philibert de Lormes : leurs maniérés seches& mes-quines dont on peut juger dans le livre des Parallèles de Cham-»bray, ne méritent aucune attention, & doivent les faire regardercomme nulles pour notre objet.
Le cours d’Architecture de François Blondel (a) qui renfermetantd’excellens préceptes, oífre en général fur les ordres des discus-sions plus savantes qu’appropriées à l’u sage ordinaire ; auísi n’a-t-ilfait aucun sectateur. II en est de même du traité des ordonnancesdes colonnes suivant la méthode des anciens de Perrault, où ilpropose pour réglé générale une moyenne proportionnelle entre leplus & le moins de toutes les proportions antiques : système quepersonne n’a adopté, parce qu’il n’est pas vrai que cette moyenneproportionnelle puisse produire , dans tous les cas, l’effet le plusagréable, & soit toujours le véritable point de perfection.
En suivant notre pensée,le Dorique simple (figure i, PI. III) fseroit, a quelques changemens près, le Toscan de Vignole, septdiamètres de hauteur ; entablement le quart ; piédestal le tiers.Cette proportion réussit parfaitement dans plusieurs édifices. IIn’y auroit qu’à rectifier la gueule pendante du soffite du larmierde la corniche de l’entablement , ne donner qu’un septieme dediminution au haut du sût de la colonne, changer la corniche deson piédestal, composée d’un filet & d’un talon qui est mesquine,en une plinte, un filet & un cavet, enfin élever un peu son socle:on auroit un ordre rustique à-peu-près parfait.
Pour l’ordre Dorique orné ( figure z , Planche III ), on peutadopter encore le Dorique de Vignole , qu’il a imité de plusieursexemples antiques. II a huit diamètres d’élévation : son entablementest auísi le quart & son piédestal le tiers ; avec quelques rectifica-tions d’après les autres Doriques , & en ne diminuant sur-tout sa
(<r) On est fâché de remarquer dans cet Ouvrage qu’après avoir donné, tome II, quatrièmepartie , page 664, tous les détails de la porte Saint Denis , monument supérieur à tout ce que lesanciens ont jamais fait en ce genre, François Blondel propose en parallèle un arc de triomphede sa composition, du plus mauvais goût & fans aucune proportion ; on est presque tenté decroire, en la voyant, qu’cile ne sçauwit être da mêœe Auteur ; tant le contraste est frappant.