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tinuelles ; l’un passera pour deux toises, ce que l’autre estimerapour deux toises & demie, ou ce qu’un troisième ne voudra accor-der que pour une toise trois-quarts. Quelquefois même la diffé-rence est encore plus sensible. II y en a qui veulent que l’on compteles arrachemens faits pour les tuyaux de cheminées dans les mursneufs, ainsi que les scellemens des marches d’escâliers dans lesiiitsmurs ; d’autres ne veulent pas qu’il en soit question. Vous trouve-rez aussi des Experts qui prennent pour épaisseur ce qui est lon-gueur, & pour longueur ce qui est épaisseur dans leur toisé, sui-vant que cela favorise davantage ceux dont ils défendent l’intérêt.Par exemple, s’il y a un petit avanr-corps de trente-six pouces delongueur fur deux pouces d’épaisseur, en prenant trente-six pou-ces pour la longueur,il faudra en prendre moitié, qui, étant ajoutéavec l’épaisseur deux pouces, donnera vingt pouces, au lieu qu’enprenant deux pouces pour la longueur & trente-six pouces pourla largeur, on obtiendra trente-huit pouces : si on multiplie dansces deux cas par deux pouces , le premier produira six pieds qua-tre pouçes, & l’autre donnera cinq pieds : ce qui est bien diffé-rent pour le prix, si l’ouvrage surtout est en pierre dure.
Autrefois que les trumeaux avoient sept ou huit pieds de largeentre les croisées que l’on tenoit ordinairement fort étroites, ilétoit4’usage de toiser les murs dans leur entier comme pleins, fans dé-duire les vuides des bayes ; aujourd’hui que la coutume est de mul-tiplier les croisées, de les tenir grandes avec des trumeaux qui n’ontquelquefois pas deux pieds, on a continué cette façon de toiseivII y a des Toiseurs qui prétendent devoir toiser comme pleineune arcade quelconque, eût-elle douze pieds de largeur, unique-ment parce qu’il est dit qu’il ne faut pas déduire les bayes.
Ce qu’on nomme usage, dans les toisés des bâtimens, n'estévidemment qu’une source perpétuelle d’abus, où ceux qui fontbâtir, tantôt perdent, tantôt gagnent ; abus qu’il seroit essentiel deréformer, ou du moins de ne point permettre d’interprêter arbi-trairement. E'Entrepreneur se croît toujours lézé par l’Expert qui' lui