POUR UN JEUNE ARCHITECTE. 107
objet! , appercevront quelquefois des choses qui vous âurontéchappé, malgré votre capacité : c’est pourquoi affectez de lesmettre fur la voie, & de les engager à vous dire librement toutce qu’ils pensent pour la perfection de votre ouvrage ; souvenez-vous de ce précepte de l’art poétique de Boileau.
Ecoute £ tout le monde ajjidu consultant ,
Un sot ouvre souvent un avis important.
Le Maréchal de Vauban, qui a fait tant de grandes choses/avoir coutume de dire qu’il devoir une partie des opérationsqui lui avoient fait le plus d’honneur, à des conseils que luiavoient quelquefois donné des gens grossiers qui croyoient parlerau hasard, & sans se douter de leur importance : avec de l’orgueil& de la suffisance on se prive de cette ressource, dont on peut tirerun parti immense dans l’occasion.
Si les Entrepreneurs ne vouloient pas acquiescer aux prix rai-sonnables que vous avez arrêtés, vous leur persuaderez que vousne leur proposez rien au hasard, & pour les en convaincre, il sera.à propos de faire en leur présence le détail de chaque toise d’ou-vrage contesté. Par l’examen de ce que doit coûter la matièrepremiere, de son déchet, de son emploi, des journées d’Ou-vriers nécessaires pour son exécution, & du bénéfice raisonnablequ’ils doivent faire, vous parviendrez k les réduire à des prixconvenables.
Par exemple , je suppose qu’il s’agisse d’établir le prix d’unetoise quarrée en pierre dure de trente pouces d’épaisseur à deuxparemens, dont l’Entrepneneur demande 170 livres, vous luiprouverez ,
i°. Qu’il ne lui faudra au plus que 105 piedscubes depierre brute, en y comprenant un sixièmepour le déchet de la taille, auxquels ajoutant lesdroits d’entrée, les pour boire aux Charretiers,
Içs journées de carrière de l’Ouvrier qui va à la
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