poûr un jeuNe Architecte. iii
Les Gothiques faisoient ordinairement leurs petites colonnes decette maniéré. Les fûts des colonnes de la façade du Château deVersailles du côté des jardins, ainsi que ceux de la cour du vieuxLouvre à Paris, font la plupart composés de pierre en délit. Mal-gré ces exemples il n’est pas douteux, ainsi qu’il vient d’être dit,<pie l'autre méthode est incomparablement plus solide, & il con-vient toujours de la préférer, k moins que la pierre n’ait pas defardeau à supporter, telle est une borne, ou à moins que lapression ne se fasse suivant la direction d’un centre, comme dansles voûtes où les claveaux font appareillés suivant la longueur dulit de la pierre , pour opposer plus de force & de résistance.
Entre les pierres dures formées par différentes couches, il setrouve fur leur lit, lorsqu’on les transféré des carrières, une es-pèce de mousse ou pierre à demie formée, que l’on nomme bou-lin, qu’il faut toujours avoir grand foin de faire enlever , avantde les empkfyer. II est k remarquer que le lit inférieur d’unepierre suivant sa position dans la carrière, est toujours plus ten-dre que le lit supérieur, c’est pourquoi en la taillant, il est a pro-pos d’affecter d’ôter du côté du lit inférieur davantage que del’autre.
Quelquefois il se rencontre au milieu du lit d’une pierre quel-ques petites couches de boulin qu’on nomme moyes, ce fontautant de veines terreuses ou de parties de pierres k demi forméesqui, n’ayant pas de consistance, peuvent s’écraser sous le fardeau:aussi doit-on avoir grand foin de rebuter de pareilles pierres& de ne pas souffrir qu’on en employé dans la construction d’unédifice, k moins de les faire scier à l’endroit de la moye, pouren ôter le boulin.
II se trouve encore dans la hauteur du lit des pierres, des fils,mais cet inconvénient n’est pas k beaucoup près aussi préjudiciableà la solidité que le précédent ; & en ne plaçant pas ces pierresdans les angles d’un bâtiment ou en paiement, on peut les faireservir.