LE BOEUF.
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RACE LONGUES-CORNES.
graduellement, en sorte qu’on n’en trouve plus aucune trace dans les comtés calcairesdu sud-est. Bien que ces animaux aient pénétré dans les comtés du centre, ainsi quedans le Leicestershire , et plus à l’est encore, leurs caractères semblent y avoir subides changemens progressifs. Le comté de Leicester fut, à la vérité, pendant quel-que tems, le foyer de la race Longues-Cornes la plus perfectionnée; cependant l’an-cien bétail de ce comté paraît avoir été, soit une race mélangée, soit un type quis’était graduellement éloigné de celui des véritables Longues-Cornes des comtésoccidentaux. Ainsi, la race Longues-Cornes paraît avoir été tirée des contrées occi-dentales les plus humides et s’être détruite, ou tout au moins avoir perdu ses carac-tères distinctifs, dans les contrées sèches et orientales; il semble donc raison-nable d’en conclure qu’elle doit ses caractères distinctifs à l’influence du climat. IIexiste encore dans l’Irlande occidentale, sous le climat le plus humide de l’Europe ,une autre race, celle du Kerry, qui s’est répandue dans toute la contrée, et qui dif-fère des Longues-Cornes dans presque tous les caractères qui constituent une race.La race sauvage Blanche des Forêts, bien qu’élevée depuis fort long-tems dans lesparcs de l’ouest de l’Angleterre et de l’Ecosse , n’y prend jamais les caractères de larace Longues-Cornes. Les Norlh-Devon et tout le bétail des montagnes humides dupays de Galles en diffèrent également; et dans tout l’ouest de l’Ecosse , dans les paysexposés aux vapeurs continuelles de l’Océan-Atlanliquc, les races ne présententaucun des caractères distinctifs des Longues-Cornes. Les races Kerry, Devon, Gal loise et Ilighland d’Écosse diffèrent autant des Longues-Cornes que les hommesblancs diffèrent des nègres, et les deux classes conservent leurs caractères distinc-tifs lorsqu’elles sont naturalisées dans le même pays et traitées de même à touségai’ds. L’influence du climat ne paraît donc pas suffire pour expliquer ici ces gran-des différences de races qui résistent à la naturalisation dans des circonstances sem-blables en apparence, et nous sommes forcés d’admettre que ces races doivent pro-venir de sources distinctes. Mais si la race Kerry et autres qui habitent la contréeproviennent de souches naturelles distinctes de celle des Longues-Cornes, toutes lestraces de leur naturalisation ont été perdues dans la nuit des tems.
La race Longues-Cornes, avant les.améliorations qu’on lui a fait subir, variait entaille avec la fertilité naturelle ou acquise des districts dans lesquels elle était de-venue indigène, grande et étoffée dans les plaines, et plus petite dans les monta-gnes. La couleur dominante des animaux était le noir ou le brun, avec plus ou moinsde blanc sur le corps, une bande de cette couleur s’étendant toujours sur l’épinedorsale. Ils avaient un cuir brun, épais, et le poil abondant. Leurs cornes étaientlongues et dirigées en bas; il est à remarquer toutefois, comme preuve de l’influencedes agens extérieurs à cet égard, qu’aux limites orientale et méridionale où l’ontrouvait cette race en Angleterre, ses cornes étaient fréquemment dirigées en haut,