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LE BOEUF.
RACE LONGUES-CORNES.
^'indiquait pas une tendance généraledu tissu graisseuxà rester séparé du tissu mus-culaire. La graisse conserve aussi la teinte distinctive qu’elle a dans l’ancienne race,àce point qu’un argument familier des adversaires de Bakevvell consiste à lui repro-cher de n’avoir pu débarrasser les Longues-Cornes de leur chair noire et de leur graissejaune. Les vaches sont éminemment mauvaises laitières. Elles sont fort inférieures, àcet égard, aux anciennes Longues-Cornes et ne sont presque jamais employées dansles laiteries bien dirigées. La couleur de leur viande et le manque de lait chez lesfemelles sont les plus grands défauts de cette race; aussi, malgré tous les soins ap-portés à sa formation, on l’élève peu, maintenant, en Angleterre, pour l’engraisse-ment. Les producteurs de Dishley purs se bornent eux-mêmes, principalement, àélever des taureaux et des vaches pour la reproduction; et l’influence réellementavantageuse de la souche a été son croisement avec les espèces anciennes et grossiè-res qu’on élève encore dans le pays. Sous ce dernier rapport, la souche Dishley a étéd’une grande importance économique ; mais la race elle-même, dans son état de pu-reté, manque des qualités réellement utiles à une souche d’engraissement. On s’estdemandé si Bakeavell avait agi avec beaucoup de discernement en prenant les Lon-gues-Cornes du Lancaster pour type de sa nouvelle race. On est peu fondé, toute-fois, à attaquer, sous ce rapport, le jugement de Bakeavell. La race Longues-Cornesétait alors considérée comme la meilleure du royaume; il était donc naturel qu’unpremier améliorateur tentât de former, avec ce type, une souche supérieure. Lesmodernes Hereford n’existaient pas encore, et les Gourtes-Cornes étaient une racegrossière, estimée dans un petit nombre de districts exclusivement. Bakeavell fitdonc une chose très-rationnelle pour l’époque, et l’on ne peut nier qu’il ait réussiau delà de tout ce qu’on pouvait attendre des caractères naturels de la race adoptéepar lui.
Dans cette description de la race Dishley , jadis si célèbre, nous ne pouvons né-gliger ce fait singulier, que sa réputation a cessé plus promptement qu’elle ne s’é-tait acquise. Elle a fait place à d’autres races, possédant, comme souche d’engrais-sement, des qualités qui lui manquent. Un petit nombre d’éleveurs éminens se livreencore à la production des taureaux, principalement pour l’exportation en Irlande ;mais le nombre d’animaux de celte race nourri en Angleterre diminue continuelle-ment , et le tems viendra , probablement, où tout ce qui reste de la race Dishley,ne sera plus que le souvenir historique d’une expérience hardie, curieuse, et inté-ressante. Sur la ferme même où les expériences originales de M. Bakeavell se sontcommencées et achevées , et à plusieurs milles à la ronde, il n’existe plus un setdanimal, taureau, vache ou bouvillon, de la race qui avait donné tant de peinesà former. Son histoire forme un singulier contraste avec celle d’une autre raced’animaux que Bakeavell avait également créée, par les mêmes moyens, sa race