LE BOEUF.
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K A CE COUIlTES-COllNES.
sur la rive orientale de l’IIumber, d’où elle s’étendait, au nord, à travers les plai-nes du Yorsksliiro; aussi le bétail de Hoklerness cotiserve-t-il encore des tracesdistinctes de son origine hollandaise, et ses vaches furent-elles long-tems regar-dées comme les meilleures laitières de l’Angleterre. Plus au nord, dans le fertiledistrict de la Tees, on fil également des importations de bestiaux, tantôt de Hol-lande et tantôt de Ilolstein et autres contrées de l’Elbe , par la voie de Hambourg .Sir William Saint-Quentin, de Scampston, se procura, dit-on, des laureaux et desvaches de Hollande, pour la reproduction, dans la première moitié du siècledernier; et, plus récemment, M. Miciiael Dobinson visita la Hollande pour y choi-sir des laureaux de la race hollandaise. D’autres personnes enlin ont eu recours auIlolstein, d’où proviennent les meilleures races hollandaises elles-mêmes, pour leurbétail reproducteur. On ne sait rien de bien précis sur l’extension donnée à ces pre-mières importations, mais on ne peut mettre en doute la grande influence qu’ellesont exercée sur le type indigène, quand on voit que la race formée par ce croise-ment est communément désignée sous le nom de race Hollandaise ou du Ilolstein,jusque dans le Northumberland et l’Ecosse méridionale où elle s’est naturalisée.Elle était aussi connue sous les noms de race Tecswater, ou simplement Courtes-Cornes.
H y eut, dans le siècle dernier, divers amélioraleurs de la race Courtes-Cornesou de Teeswater, dans le Durham et les parties environnantes du Yorkshirc. L’und’eux, M.Millbank, de Barningham, fut le premier renommé pour l’excellence desa souche, et quelques documens, qui sont parvenus jusqu’à nous, font connaîtrele poids considérable auquel étaient parvenus plusieurs de ses animaux. M. Do-binson, que nous avons déjà cité, était également un éleveur très-distingué;enlin, divers autres propriétaires se firent remarquer comme améliorateurs de larace Teeswater, principalement après que les expériences heureuses de Bakeweli.eurent fait naître un esprit général d’émulation pour cette sorte d’amélioration.Cependant, à l’époque de la guerre d’Amérique , la race Teeswater n’avait pointencore gagné beaucoup, dans l’opinion publique, au delà du district où elle s’étaittout d’abord introduite. Les éleveurs recherchaient surtout alors une grande taille,et, bien que ces animaux fussent estimés sous ce rapport, on leur reprochait uneconformation grossière, d’être grands mangeurs, et de pécher en plusieurs de cespoints, qui sont maintenant considérés comme essentiels chez un bœuf bien fait.Pour la bonne conformation et la disposition à prendre graisse, la race Courtes-Cornes était inférieure à celle que Bakewell avait déjà perfectionnée dans lescomtés du centre; mais elle lui était supérieure par la qualité de sa chair, la pro-duction de la graisse intérieure, ou suif, et l'aptitude des vaches à donner du lait.
Mais l’amélioration des Courtes-Cornes Teeswater fît des progrès continuels