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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

RACE DES ILES SCI1ETLAND ET ORCADES .

au poids moyen de 3 kilog. à 3 kil. 5 le quartier. A certaines saisons, ils descendentdes montagnes aux bords de la mer, et y broutent les varechs et autres plantes ma-rines. Il est curieux de les voir, quand la mer se retire, descendre en courant deces montagnes, comme sils possédaient une connaissance instinctive du tems de lamarée basse. Ils restent à pâturer sur le rivage autant que la mer le permet, et quel-quefois ils sont surpris par la marée montante, qui les entoure et les noie. Quelque-fois, épuisés de fatigue, ils ne peuvent gravir les rochers escarpés de la côte et pé-rissent ainsi; dautres fois, ils sont poussés dans les criques, ils restent enfermésjusquà ce que la marée basse leur permette de séchapper. 11 est remarquable queces moutons se nourrissent volontiers de substances animales. Une des grandes res-sources dans quelques-unes de ces îles pour les entretenir, quand il nexiste pasdautre provende, cest le poisson séché dans ce but sur les rochers du rivage (1).Ces animaux manifestent dans leurs mœurs la rudesse de leur condition : les béliersse jettent souvent sur dautres moutons du troupeau qui sont blessés et les tuent;quelquefois ils attaquent avec fureur les femelles et les agneaux nouveau-nés;comme si, dans ces îlots maigres et circonscrits dont ils ne peuvent sortir, ilsavaient acquis linstinct de prévenir, en sentredétruisant, la trop grande multipli-cation de leur nombre. Les brebis, connaissant le danger, se cachent au temselles doivent mettre bas, afin de pouvoir faire leur agneau en secret. Amenés dansdes contrées plus riches, ces animaux sauvages font tous leurs efforts pour séchapperdes parcs on les enferme, puis ils gagnent les montagnes les plus voisines, etchangent constamment le lieu de leur séjour. Us broutent les parties supérieuresdes herbes à la manière des chèvres, et essaient datteindre les branches des arbris-seaux et des arbres. Leurs descendans conservent pendant plusieurs générations lesmœurs sauvages de la race.

Parmi ces moutons, les moins croisés avec du sang étranger sont ceux des îles lesplus éloignées, surtout de Schetland . Les moutons des îles Orcades sont dune origineplus mélangée, et les races impures nont pas la finesse de laine qui distingue lan-cienne race. Chez ces animaux, le poil pousse mêlé à la laine sur toutes les parties

(1) Je suis très-disposé à croire que les animaux quon nomme herbivores , parce qu 'ils peuvent se pas-ser dune nourriture animale, et que nous trouvons plus davantages, ou eux-mêmes plus de facilités àsentretenir avec des végétaux, sassimileraient parfaitement les substances animales et les mangeraientsouvent avec plaisir; M. Hamoxt, vétérinaire en Egypte , nous a rappelé ce fait pour les chevaux arabes ;déjà lon savait que les substances végétales azotées étaient les plus nourrissantes, et lon attribue peut-être trop exclusivement à la saveur salée le goût des moutons pour l 'azotate de potasse (salpêtre) quilslèchent sur les murs. On sait aussi que le porc se trouve parfaitement de lalimentation animale; que lesbœufs et les vaches recherchent la paille imprégnée d'urine de cheval, etc. R.