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LE MOL TON.
IIACE 1SÉIUNOS.
vert d’épaisses forêts, et qui doit moins convenir, en conséquence, à l’éducation desmoutons, que les vastes plaines de la Nouvelle-Hollande. Ainsi, dans des régions àpeu près inconnues du monde civilisé jusqu’à l’époque où nous vivons, on a trouvédes possessions excédant, en étendue, celles de Rome au tems de sa gloire, qui ap-provisionnent abondamment de laine les manufactures anglaises, et l’humanité seréjouit de penser que les fondemens de ces trésors immenses pour la richesse pu-blique ont été obtenus, non par la violence et l’effusion du sang, mais par la pros-périté de l’agriculture et l’amélioration des troupeaux.
L’attention des colons australiens a été naturellement dirigée vers la productiondes laines fines; mais cette prédilection est évidemment basée sur les profits qu’onen obtient, et qui peuvent se réduire beaucoup un jour, soit par les progrès de cetteindustrie dans la contrée même, soit par la concurrence que lui feront les partiesde l’Europe adonnées à l’éducation des moutons Mérinos . Dans cette éventualité,les colons feraient peut-être bien, dès à présent, de s’attacher à produire des laineslongues, de peigne, aussi bien que des laines courtes pour la carde. II est probableque les laines longues d’Angleterre acquerraient, sous ce climat privilégié, les qua-lités les plus précieuses, et que les lourdes toisons des Leicester, des Colswold et del’ancien mouton du Lincoln y donneraient un profit plus considérable, aux produc-teurs, que la laine Mérinos elle-même, malgré sa haute valeur. Toutefois, ces deuxsortes de moutons devraient être maintenues tout-à-fait distinctes. La race Mérinos devrait être choisie et entretenue avec tout le soin que permet l’état actuel de lacontrée. Des animaux de pur-sang pourraient être tirés d’Angleterre; mais commeils ne pourraient probablement pas suffire aux demandes, il serait plus convenablede s’en procurer en Saxe, en prenant les précautions convenables pour ne faire seschoix que dans les troupeaux dont la réputation est établie. L’époque la plus favo-rable pour examiner les troupeaux est le mois de janvier, ou même celui de février.Le moyen le plus économique d’obtenir une souche améliorée, c’est d’acheter desbrebis de rebut ou curure; mais, pour être sûr d’obtenir un troupeau supérieur, ilfaut faire un choix d’animaux dans les bonnes bergeries.
Si l’acheteur n’est pas lui-même très-bon appréciateur des qualités de la laine, ildevra se faire assister par un courtier du pays, qui fera le choix moyennant unesomme fixe par tête; et ceux qui auront à faire des achats considérables feront biend’envoyer une personne de confiance sur les lieux. Le prix des brebis de rebut est de4 à 8dollars, à 3 sh. par dollar (soit 15 à 30 fr.); celui des brebis de choix, de 10 à 12dollars (37 fr. 50 c. à 45 fr.), et celui des béliers de 3 à 20 liv. sterl. (75 à 500 fr.).Quelques béliers, remarquablement fins, atteignent même les prix de 50 à 2001. st.(1,250 à 5,000 fr.); mais cette excessive dépense n’est jamais nécessaire que pourdes personnes qui, possédant déjà des troupeaux très-ainéliorés, sont jalouses de