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LE MOUTON.
LAINE.
égal à celui que sir David Low attribue à la Grande-Bretagne ; il est douteux que la valeur de la laine soitégale au chiffre qu’il indique ; admettons-Ie cependant : soit 227,600,000 fr. Les moutons qui donnent cettevaleur n’étant livrés à la boucherie que de 3 à 4 ans, et leur poids moyen étant plutôt au dessous qu’audessus de 20 kilogrammes, la production annuelle de viande de mouton, chez nous, ne doit pas excéder192 millions de kilogrammes à 1 fr. l’un. Pour un même nombre de moutons entretenus dans les deuxpays, il y a donc une différence annuelle de produits d’environ 448 millions de fr. au profit des Anglais ;et comme, d’ailleurs, le système de clôtures et d’éducation en liberté compense l’excédant de consomma-tion des moutons angla’s, quant aux frais probablement, il est évident que le producteur anglais , dût-ildonner sa laine pour rien, trouverait encore avantage à produire des moutons, alors que le producteurfrançais n'y aurait plus que de la perte.
Or, avec le bon marché, le vil prix si l’on veut, de la matière première, l’industrie manufacturière entrouvera toujours l’emploi; d’ailleurs, aujourd’hui, il faut bien reconnaître que l’Australie, la Russie mé-ridionale, etc., produisent des laines fines dans des conditions économiques qui rendent la concurrencedifficile dans un pays de fermages et de division illimitée du sol.
Tout ce chapitre, au reste, nous le disons avec quelque regret, respire un esprit d’exagération sectaireet systématique qu’on est fâché de rencontrer dans un ouvrage de ce genre ; nous ne nous associons pasà cette étroitesse de vues, et nous croyons devoir prémunir le lecteur contre les inductions qu’il en pour-rait tirer.
Compatriote du célèbre Adam Smith; professeur à l’Université d’Edimbourg au 19» siècle, sous unprince de la maison de Hanovre , et professant la religion dite réformée, l’auteur embrasse, sans s’endouter peut-être, avec plus de chaleur que de justice, les idées religieuses, politiques et économiquesdont les préjugés font partie de son éducation. C’est d’un point de vue plus élevé que nous devons envi-sager la marche et les progrès de l’industrie lainière en Angleterre; nous avons reproduit les attaques del’auteur contre ce qu’il y avait de défectueux dans la législation ancienne; mais nous sommes porté àcroire qu’un examen plus complet serait nécessaire, et qu’il devait y avoir de bonnes choses, à côté desexactions et des erreurs signalées ici, dans le système qui a produit les résultats que nous voyons au-jourd’hui, et que le tableau suivant résume en partie. R.
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