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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOL TON.

ANCIENNE RACE LINCOLN.

doute subi quelque détérioration; mais il conserve les caractères essentiels de l’an-cienne race, et présente, peut-être, le seul exemple vivant de la race la plus remar-quable de moulons que les lies-Britanniques aient jamais produite.

Le croisement de l’Ancien Lincoln avec le sang Disldey ne fut pas pratiqué, dèsl’abord, sans une grande opposition : une polémique s’engagea entre les partisansde l’ancienne race et ceux de la nouvelle, et dura plus d’un quart de siècle. Les dé-fenseurs de l’ancienne race faisaient valoir sa rusticité plus grande, son appropria-tion supérieure aux riches pâturages de la contrée, le poids énorme auquel peuventêtre amenés les individus, et, par dessus tout, leur toison sans rivale. D’un autrecôté, la précocité et la plus grande aptitude de la nouvelle race à l’engraissement,étaient des argumens développés par ceux qui favorisaient le système des croise-mens, qui a fini par prévaloir ; et ils prétendaient que, bien que le poids des toisonsfût diminué, la valeur de la laine produite sur un acre était augmentée, par le plusgrand nombre d’animaux qui pouvaient être entretenus sur le même espace (4).

Les prétentions de la nouvelle race prévalurent à la fin, et l’ancienne race, si rc-

(1) On a conservé, sur ce sujet, une correspondance de l’an 17S8, entre M. Chaplin, éleveur distinguéde l’Ancien Lincoln, et M. Bakewjell de Disbley, curieuse, en ce qu’elle fuit voir l’irritafion del’époque, et connaître, par ses propres expressions, un homme aussi distingué par ce qu’il a fait, que peuconnu par ce qu’il a écrit, M. Bakewell. Il paraît qu’on avait proposé de faire une exhibition de bé-liers ù Parlney, afin de comparer les races anciennes el nouvelles. M. Bakewell avait refusé de laisservoir ses béliers avant qu’ils fussent assortis, comme l’on dit; ruais il avait cru, malgré cela, pouvoirdonner un coup-d'œi! à ceux de son rival, avant qu’ils fusscnl prépares. St. Chaplin , mécontent du pro-cédé, écrivit en ces termes à son rusé concurrent : « Le talent extraordinaire dont vous faites preuve dansl’exh'bition de votre troupeau, à Disldey, explique, de la manière la plus évidente, pourquoi vous ne pou-vez pas le montrer sans préparation; et, après le refus, du 21 courant, de vous laisser voir mes moutonsavant qu’ils fussent réunis et appareillés chez moi, je ne devais pas m’attendre que vous vous introduiriezfurtivement dans mes pâtures, à AVrangle, le 24 , avec deux autres personnes, pour enfermer mes béliersdans leur parc et les examiner. Une conduite aussi blâmable ne peut être motivée que par la grande anxiétéque vous cause l'exhibition de béliers de Partney, près Spilsby, le 18 septembre, qui a été proposée afin decomparer vos moutons à ceux de la race originaire de ce comté. J’ai toujours considéré comme des ani-maux ne donnant aucun profit, les pelils moutons non croisés avec l’espèce de Durham, sans taille, sanslongueur, et sans laine, que vous avez eu l’adresse d’imposer dans le monde; mais je ne veux pas avoir l’airdétenir systématiquement à mon opinion personnelle; j’espère que vous en amènerez à Parlney, le 18septembre prochain, pour lts comparer aux moulons du Lincoln, et qu’il se trouvera là plusieurs jug< splus capables que nous-mêmes d’apprécier leur mérite. »

La réponse est caractéristique. «En rentrant chez moi, mardi dernier, j’ai trouvé, dans le journal Lei-cester du G courant, la lettre que vous m'avez adressée le 2G août, et dans laquelle vous vous complaisezà faire ressortir l’art extraordinaire dont je fais usage dans la montre du troupeau à D'shley, que vous aeezv'sîté à différentes reprises. Vous ne pouvez certainement pas dire que vous y avez observé aucune pra-tique de mauva’se fui, ni que vous l’ayez vu sans qu’il fût engagé pour la saison delà monte, ou qu’on ait

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