LE MOUTON.
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RACE COTSWOLD.
laborieux Stowe rapporte, dans ses chroniques, qu’en l’an 1464, le roi Édouard IV « conclut un traité de paix et d’alliance avec le roi Henry de Castille et le roi Jean d’Aragon , traité dans lequel fut stipulée la faculté de transporter en Espagne un cer-tain nombre de moulonsCotswold, qui s’y multiplièrent prodigieusement, dit-on,au grand profit des Espagnols . » Le digne auteur n’est, pas entièrement con-vaincu que les Espagnols ont tiré tous leurs moutons d’Angleterre, car il ajoute :« 11 est vrai que depuis long-tems il y avait des moutons en Espagne , du moins celaparaît ressortir de lettres-patentes du roi Henry II , faisant connaître aux manufac-turiers de Londres que si l’on trouve des draps fabriqués avec de la laine espagnole,en mélange avec la laine anglaise, le major de Londres devra brûler ces draps.»Adam Speed, qui écrivait en 1629, assimile la laine du mouton Cotswold à celle duRyeland. «Dans le comté de Hereford, dit-il, spécialement vers Lemster, et surces fameuses collines appelées Cotswold Hills, on entretient des moutons qui pro-duisent une très-bonne laine, dont la finesse approche tellement de celle de la lained’Espagne , qu’on peut en fabriquer des fils aussi fins que de la soie. » On ne connaîtpas maintenant les caractères précis des moulons qui produisaient celte laine. Ilsressemblaient, vraisemblablement, aux grands animaux à laine fine des comtésenvironnans de Wilt et de Berk; supposition qui s’accorde avec la nature du paysainsi qu’avec cette « longueur du cou et cette carrure de la taille et des os » attri-buées par Camden au mouton Cotswold, et qui justifie la distinction établie parDrayton entre les épaisses toisons des Cotswold, et celles, moins abondantes, dupays de Lemster. Markiiam, à la vérité, auteur contemporain de la reine Élisa-beth, décrit le mouton Cotswold comme étant à laine longue; mais son témoignagene saurait avoir la même autorité que celui de Speed , plus récent de près d’unsiècle ; et rien ne prouve que la désignation de longue n’a pas été employée par Mar-kiiam plutôt dans un sens relatif que pour distinguer deux espèces de laines.
Cependant, les moutons qu’on trouve aujourd’hui dans cette contrée, et qui l’ha-bitent depuis aussi long-tems que la génération actuelle puisse se souvenir, sontd’une race Longue-Laine, tout-à-fait distincte, par conséquent, de celle des an-ciennes forêts, des steppes et des dunes, qui produisait la laine fine autrefois em-ployée en Angleterre. Les animaux actuels appartiennent à la classe des grandsmoutons anglais , et tous leurs caractères sont ceux d’une race de plaines et de con-trées fertiles. L’époque de leur introduction est inconnue; mais elle remonte pro-bablement à la fin du siècle dernier, lors du partage des communaux et de la propa-gation des améliorations agricoles au point où elles permettaient de fournir, enquantité suffisante, une alimentation artificielle à des animaux de plus grandeespèce. L’opinion traditionnelle du pays a toujours été que la race moderne n étaitpas originaire des dunes du Cotswold; mais il est impossible d’y obtenir des ren-