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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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• LE COCHON.

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COCHON SAUVAGE.

nient avec le mâle, si ce n’est autems du rut, qui, sous notre climat, a lieu dans lesmois de décembre et de janvier. Elle allaite ses petits pendant plusieurs mois, etles retient encore quelque têms après pour les protéger. Quand on l’attaque, elledéfend ses petits avec un courage surprenant, et ceux-ci récompensent ses soins parun long attachement. Souvent on la trouve suivie de plusieurs cochonnées, formantune troupe formidable contre leurs assaillans, et qui exerce des ravages considé-rables dans les vignobles et les champs cultivés. Quand les petits ont acquis la forcesuffisante pour se protéger eux-mêmes contre leurs ennemis, ils prennent généra-lement lès habitudes solitaires de la race, et vivent isolés dans les fourrés des forêts.Le mâle est doué du singulier instinct de chercher à détruire ses propres petits àleur naissance, comme s’il voulait prévenir une trop grande multiplication de sonespèce. La femelle, connaissant le danger, s’efforce de se cacher pendant quelquetems après qu’elle a mis bas.

Il y a quelque chose de noble dans le courage de cet animal puissant et solitaire,qui n’emploie toute sa force que pour sa propre défense. Il n’attaque personne s’iln’est pas troublé dans sa retraite, et cherche le plus souvent à se mettre en sûretédans le massif le plus proche. S’il est attaqué par des chiens, il commence par fuir,se retournant souvent contre eux et les repoussant avec ses formidables défenses. S’ilest fatigué, tourmenté et forcé de combattre pour protéger sa vie, il se jette sur sespersécuteurs avec une inconcevable fureur. Lorsqu’il est atteint par une lance ouune balle, on l’a vu mépriser tous ses autres ennemis pour s’attaquer avec achar-nement à celui qui l’avait blessé. Poursuivi par des chiens, il se jette avec férocitésur les premiers et les plus forts, et avec une promptitude incroyable, mutile et tueun très-grand nombre d’entre eux. Il attaque avec la même fureur les cavaliers qui le *poursuivent, et terrasse en un instant et le chasseur et le cheval.

La chasse au sanglier était un plaisir familier chez les peuples les plus anciens del’Asie et de l’Europe; en Angleterre, les rudes Anglo-Saxons apportèrent dans leurnouvellë patrie cette passion qu’ils avaient acquise dans leurs forêts natales; maiscomme le nombre de ces animaux diminuait sensiblement par la persécution à la-quelle ils étaient exposés, les usurpateurs normands essayèrent de les protéger parde.nombreuses lois forestières. L’une de ces lois, rendue par Guillaume I er , ordonnede crever les yeux à tout homme qui se rend coupable de la mort d’un sanglier. Lescochons sauvages se maintinrent, pendant plusieurs siècles après la conquête desNormands, dans les bois de l’Ecosse et de. l’Angleterre. Fitzstephen,, qui éciivaildans la dernière moitié du XII e siècle, sous le règne de Henri II , nous informe quedes sangliers abondaient, ainsi que des loups, des taureaux sauvages et d autie gi-bier, dans les forêts aux environs de Londres , et les écrivains écossais mentionnentaussi lèur existence dans les bois de la Calédonie. La période précise de leur dispa-

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