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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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HISTORIQUE.

chevaux et les chariots étaient fort en vogue, pour revenir dans la terre promise àleurs pères, ils conservèrent les habitudes simples de leurs aïeux en continuant àfaire usage de cet ancien serviteur. Ils semblent avoir eu des ânes d’un sang plusnoble auxquels ils donnaient un nom spécial. Les princes et les grands du pays nedédaignèrent pas de se faire porter par cet animal. Saül , quand il fut appelé parune glorieuse destinée à être roi d’Israël , était occupé à chercher les ânesses deson père. Son belliqueux successeur avait un intendant de Yatonoth, comme poul-ies autres parties de son gouvernement, et lors même que le cheval eut été intro-duit comme animal de guerre et de trafic, les services de l’âne ne furent ni aban-donnés, ni méprisés. Depuis les lems les plus reculés, les Arabes , les Perses et lesautres peuples de l’Orient en avaient fait, en quelque sorte, un animal domestique.11 était très-répandu parmi les Égyptiens, ainsi que l’attestent leur histoire et lessculptures de leurs monumens. 11 en était de même chez les Lybiens et les autreshabitans de l’Afrique placés au bord du grand désert. L’âne était connu des Grecs,comme nous l’apprennent leurs anciens auteurs; les Romains s occupaient avecsoin de cet animal ; les Espagnols, par suite de leur commerce avec les Phénicienset les Carthaginois, ne pouvaient manquer d’adopter un serviteur aussi utile.D’après Strabon , l’âne était inconnu aux Bretons et aux habitans des contrées de laBaltique; il s’introduisit enfin dans la Gaule par les Alpes ; et à une époque com-parativement plus récente, il pénétra dans les régions du nord de l’Europe .

L’âne, réduit en servitude, perd la vitesse, l’énergie et la sauvagerie qui le distin-guent à l’état de nature. Différent du cheval, qui s attache facilement a son maîtreet met toutes ses facultés à son service, l’âne semble servir avec répugnance etsentir l’avilissement de sa condition. Cependant, lorsque la domesticité en a fait unesclave, il se résigne patiemment à son sort. Sa postérité ne possède pas le caractèresauvage de ses parens libres; jamais, en effet, on n’a vu les produits de l’âne domes-tique chercher à reconquérir leur liberté en allant rejoindre leurs compagnons dudésert. Il en est autrement du cheval, qui est perpétuellement tenté de rejoindreles troupes de chevaux sauvages et de briser les liens dans lesquels il a vécu. Dansl’Amérique du Sud , des ânes, en grand nombre, se sont échappés dans les plaineset y multiplient à l’état de nature; mais ils n’ont jamais les mœurs de leurs pre-miers parens, nés enfans libres du desert; ils errent pics du lieu de leur naissanceet tombent facilement au pouvoir de leurs ennemis. L’âne change entièrement denature par l’effet de la servitude; ce résultat semble provenir, non de la disciplineou de l’éducation à laquelle on l’a soumis, mais simplement de la perle de saliberté. C’est pour cela aussi que l’âne est, de tous les quadrupèdes, celui qui a étéle plus anciennement soumis à une servitude permanente, et que le caractère del’esclavage est si fortement empreint chez lui.