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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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A

LE CHEVAL.

HISTORIQUE.

A létat de domesticité, lâne ne perd presque rien de la forme et de la couleurprimitives de sa race. Il supporte la soif et la fatigue, et se contente dun peu defourrage sec. 11 ne paraît pas sensible au froid, mais il craint lhumidité, et nentrequavec répugnance dans les étangs ou les rivières. Cest un animal robuste et pluspropre à porter des fardeaux et à traîner des objets pesans, quon ne serait tenté dele supposer daprès la délicatesse de ses membres et la grosseur relative de soncorps. Il est docile et enjoué sous sa charge quand on le traite avec bonté; maislorsquon lui impose une tâche au dessus de ses forces ou quon lui inflige des coupsimmérités, il manifeste alors son humeur naturelle. 11 meut parfois ses lèvresdune façon particulière, et montre les dents en faisant une grimace singulière. Cetteexpression dune souffrance muette devrait toucher de compassion plutôt quexciterle rire ou un redoublement dinjures. Il est triste de penser quun animal si doux,si patient à notre service, si reconnaissant des bontés quon lui témoigne, est géné-ralement traité avec violence et cruauté. Na-t-on pas réfléchi que lâne nest unanimal dégénéré que par suite de labus que nous en avons fait, et que, sil est es-clave, cest que la nature la doué de cet instinct qui fait ployer ses facultés à notrevolonté? Sa tête, sa voix, sa patience et sa soumission elles-mêmes ont été, de toustems, un objet de ridicule. On la considéré comme lemblème de la stupidité, delentêtement, de la méchanceté, tordus, piger, slupidus, potidus. Quant à sa forme,nous dirons que, semblable à celle des animaux de cette famille, elle est gracieuseet pleine dactivité. Ses oreilles, il est vrai, nous semblent disproportionnées; maisquon se rappelle quau désert ces organes lui permettent de saisir les sons éloignéset déchapper à ses ennemis. Sa voix, qui nous paraît si rude et si discordante, estdestinée à retentira travers les solitudes quil habite, à prévenir ses compagnonsdu danger, et à réunir les membres disséminés de la troupe. Sa patience et sa sou-mission assurément nont pas besoin clexcuses; si elles ne sont pas des qualitésdistinctives de son état de liberté, elles montrent du moins que la nature les lui adonnées pour nous être utile. Sa stupidité ne repose que sur des apparences; aucunanimal de sa tribu ne montre, en effet, autant de sagacité; quant à sa méchanceté età son entêtement, il faut avouer que ces défauts sont le résultat des mauvais traite-mens que nous lui faisons endurer; le conduit-on avec bonté, non-seulement il nestpas indocile, mais il ne manque pas dattachement pour le maître qui prend soinde lui.

Quoique cet animal puisse supporter de grands froids, il appartient cependant auxclimats chauds et tempérés. Son tempérament est approprié à ces conditions physi-ques; ses facultés semblent saltérer quand il passe sous des latitudes plus élevées.Les ânes du nord de lEurope ne sauraient être comparés à ceux de la Syrie , de lalerse et des contrées du Levant , non plus quà ceux de lEspagne et du nord de