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LE CIIEVAL.
HISTORIQUE.
élevaient leur long col au-dessus des têtes de quelques animaux moins gigantes-ques, et s’enfuyaient avec une incroyable rapidité. Les groupes de sassabys couleurde pourpre, et des harte-beesls rehaussés de rouge et de jaune, complétaient le ta-bleau. Les sauvages veillèrent à notre sûreté; ils achevèrent les blessés en les tou-chant adroitement sur l’épine dorsale avec la pointe d’une assagai, et couvrirentaussitôt leurs corps avec des branchages pour les mettre à l’abri de la voracité desvautours; ceux-ci planaient au-dessus de nos têtes; semblables à un point dans leciel, ils se précipitaient avec la rapidité de la foudre aussitôt que nos déchargesavaient assuré leur proie. »
Abandonnant ces régions pour les déserts élevés du grand plateau de l’Asie centrale , nous trouvons un autre animal de la tribu équine, le dzigguetai, oucheval de Tartarie. Ce bel animal est souvent appelé mule sauvage à cause de saressemblance avec le produit obtenu du cheval et de l’âne. 11 était nommé hemionos,ou demi-âne, par les Grecs auxquels il était connu; car c’est dans l’Arabie , les dé-serts de la Syrie et l’Asie-Mineure qu’on l’a trouvé d’abord. On le rencontre sur-tout dans les contrées qui bordent le grand désert de Robi et qui s’étendent ducôté de l’est à travers la Tartarie chinoise. Sa taille est celle de la mule, mais il estplus gracieux et plus doux. Son pelage est d’un bai uniforme, mais lisse et luisanten été. Sa crinière est soyeuse et touffue; elle s’étend depuis la nuque jusqu’augarrot; sa queue se termine par une touffe de poils d’un pied de long environ.Comme le cheval à l’état de nature, il vit en troupes, émigrant d’un endroit à unautre; il habite surtout les plaines et s’approche rarement des forêts. On chasse cetanimal pour sa chair et sa peau. 11 jouit à un haut degré des sens de l’odorat et de lavue ; lorsqu’il fuit, il a la rapidité de l’antilope. On ne l’a jamais réduit en domes-ticité. On dit que, pris jeune, on peut le dompter jusqu’à un certain degré; toute-fois il ne perd jamais entièrement son naturel sauvage.
Mais, de toutes les espèces du genre cheval, il n’en est pas de plus utile et deplus agréable pour l’homme que le Cheval commun, ou Cheval domestique. Cet animaln’est pas moins remarquable par la grâce et la noblesse de ses formes, sa force, sonagilité, sa douceur et son intelligence, que par la docilité avec laquelle il met toutesces facultés au service de l’homme. La soumission de cette noble créature est com-plète; mais ce n’est pas la dégradation d’un lien involontaire, c’est une résignationinstinctive des facultés physiques qu’il a reçues dans un but déterminé. S’il estpermis de lire une intention dans l’organisme animal, on peut croire que le chevala été créé pour le service de l’homme, et qu’il a été pourvu des facultés qui conve-naient à ce but. Sa vigueur extrême, son courage, la célérité de sa marche ne nous