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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE CIIEVAL.

HISTORIQUE.

élevaient leur long col au-dessus des têtes de quelques animaux moins gigantes-ques, et senfuyaient avec une incroyable rapidité. Les groupes de sassabys couleurde pourpre, et des harte-beesls rehaussés de rouge et de jaune, complétaient le ta-bleau. Les sauvages veillèrent à notre sûreté; ils achevèrent les blessés en les tou-chant adroitement sur lépine dorsale avec la pointe dune assagai, et couvrirentaussitôt leurs corps avec des branchages pour les mettre à labri de la voracité desvautours; ceux-ci planaient au-dessus de nos têtes; semblables à un point dans leciel, ils se précipitaient avec la rapidité de la foudre aussitôt que nos déchargesavaient assuré leur proie. »

Abandonnant ces régions pour les déserts élevés du grand plateau de lAsie centrale , nous trouvons un autre animal de la tribu équine, le dzigguetai, oucheval de Tartarie. Ce bel animal est souvent appelé mule sauvage à cause de saressemblance avec le produit obtenu du cheval et de lâne. 11 était nommé hemionos,ou demi-âne, par les Grecs auxquels il était connu; car cest dans lArabie , les dé-serts de la Syrie et lAsie-Mineure quon la trouvé dabord. On le rencontre sur-tout dans les contrées qui bordent le grand désert de Robi et qui sétendent ducôté de lest à travers la Tartarie chinoise. Sa taille est celle de la mule, mais il estplus gracieux et plus doux. Son pelage est dun bai uniforme, mais lisse et luisanten été. Sa crinière est soyeuse et touffue; elle sétend depuis la nuque jusquaugarrot; sa queue se termine par une touffe de poils dun pied de long environ.Comme le cheval à létat de nature, il vit en troupes, émigrant dun endroit à unautre; il habite surtout les plaines et sapproche rarement des forêts. On chasse cetanimal pour sa chair et sa peau. 11 jouit à un haut degré des sens de lodorat et de lavue ; lorsquil fuit, il a la rapidité de lantilope. On ne la jamais réduit en domes-ticité. On dit que, pris jeune, on peut le dompter jusquà un certain degré; toute-fois il ne perd jamais entièrement son naturel sauvage.

Mais, de toutes les espèces du genre cheval, il nen est pas de plus utile et deplus agréable pour lhomme que le Cheval commun, ou Cheval domestique. Cet animalnest pas moins remarquable par la grâce et la noblesse de ses formes, sa force, sonagilité, sa douceur et son intelligence, que par la docilité avec laquelle il met toutesces facultés au service de lhomme. La soumission de cette noble créature est com-plète; mais ce nest pas la dégradation dun lien involontaire, cest une résignationinstinctive des facultés physiques quil a reçues dans un but déterminé. Sil estpermis de lire une intention dans lorganisme animal, on peut croire que le chevala été créé pour le service de lhomme, et quil a été pourvu des facultés qui conve-naient à ce but. Sa vigueur extrême, son courage, la célérité de sa marche ne nous