LE CHEVAL.
43
HISTORIQUE.
serviraient à rien, s’ils n’avaient été assujettis au contrôle d’une raison supérieure.S’il ressemblait au zèbre des montagnes de l’Afrique ou au dzigguetai de la Tartarieorientale, ce serait un objet de poursuite ou de chasse, au lieu d’être un instrumentde civilisation en facilitant les rapports mutuels, et en augmentant notre empiresur les objets qui nous environnent. La nature n’a pas créé ce puissant animalpour fuir le contact de l’homme; elle l’a, au contraire, attaché à notre société parson instinct et ses propres besoins. Ce n’est que sous la main d’un maître que sesfacultés les plus précieuses se développent et atteignent leur entière perfection.L’état naturel du cheval semble, pour ainsi dire, être celui de la domesticité plutôtque celui de la liberté.
Le cheval se distingue de toutes les autres espèces du genre Ec/nus par le dévelop-pement considérable de sa poitrine, de ses muscles, la vigueur de ses membres,leur écartement latéral, la hauteur de son garrot, la longueur de sa crinière flottanteet sa voix forte et sonore. Il est herbivore, aime de préférence le grain provenant decertaines graminées et légumineuses, telles que l’avoine, le froment, le maïs, le riz,les fèves et les pois. 11 se nourrit aussi de racines et de tubercules et mange même dela viande. 11 préfère l’eaudouce, telle que celle des rivières, à l’eau crue des sources,et plus encore à l’eau dormante des étangs. Son estomac est d’une médiocre capa-cité; le cæcum en revanche est très-grand, et quoiqu’il cherche sans cesse à man-ger, il peut supporter de longs jeûnes, moins facilement cependant que l’âne, lamule et le chameau. 11 peut se reposer et dormir en restant debout. A deux ans, il esten état de se reproduire; à cinq ans, il a atteint toute sa croissance. Le mâle estplus fort que la femelle; son tempérament est aussi plus ardent, parlant il est plusdifficile à dompter; mais il n’est ni moins attaché à son maître ni moins généreuxenvers lui. Son hennissement est plus fort, plus sonore et plus fréquent. Lorsqu’onl’a castré, il ressemble davantage à la femelle, et bien qu’il ait perdu quelquechose de son ardeur et de sa force, il en garde assez toutefois pour être propre àtoute espèce d’emploi ; seulement il est plus traitable et plus doux. La femelle portependant onze mois, sauf quelques variations qui tiennent à la nourriture et au tem-pérament. Le poulain naît avec des membres allongés qui lui permettent d’atteindreles mamelles de sa mère. 11 est très-fort, dès sa naissance, et peut déjà, au boutde quelque tems, suivre sa mère en courant ; il apprend, à ses côtés, à avoir le piedsolide. Vers le cinquième ou le sixième mois, il peut être sevré et séparé de sa mèresans inconvénient.
Le cerveau du cheval est petit; mais il laisse suffisamment voir la sagacité quicaractérise ce noble animal. Le sens de la vue est modérément développpé chez lui ;en revanche il distingue les objets, même dans l’obscurité ; mais il possède à peinele sens du toucher, à cause des sabols épais qui enveloppent l’extrémité de ses