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LE CHEVAL.
HISTORIQUE..
pays, d’ailleurs, nous sont mal connus; mais tout porte à croire, d’après les récitsdes voyageurs, que les chevaux des contrées qui s’étendent à l’ouest ont la mêmelégèreté de corps et la même vigueur musculaire. Les voyageurs qui ont visitérAbyssinie, pays de montagnes, et partant favorable à la production des petites racesde chevaux, parlent de ceux de cette contrée comme ayant autant d’ardeur et devitesse que ceux des déserts de la Nubie . Bruce décrit un cheval noir qu’il montaitlui-même; il vante beaucoup ses qualités. 11 est probable que les chevaux d’Afrique ,quand on s’éloigne du centre, s’écartent du type originel. En passant par les régionssans bornes de l’Éthiopie , du côté du sud, le cheval semble disparaître ; vers les paysde la côte de Guinée, qui ont un caractère tout différent des déserts de la Nubie ,il dégénère. Mais nous savons que le cheval existe en grand nombre dans toutl’intérieur, depuis la mer Rouge jusqu’au golfe de Bénin ; partouton s’en sert pour laguerre, les fêtes d’apparat, et pour propager la race. Les chevaux d’Afrique , aveclesquels nous sommes plus familiarisés en Europe , et dont le sang a été fortementmêlé à celui des chevaux du sud de l’Europe et même de l’Angleterre, habitent lescontrées situées au nord du désert de Sahara . On les nomme barbes; ils se trouventdans les royaumes de Fez , de Maroc , et dans tous les pays de l’Est, jusqu’aux dé-serts de la Lybie qui bordent l’Égypte .
Le pays des chevaux barbes se rapprochant de l’Europe par sa position géographi-que, on peut en conclure, ainsi que cela a lieu pour l’espèce humaine, que celterace présente plus d’analogieavec celles de l’Europe . Cette ressemblance s’est encoreaccrue par les nombreux croisemens qui ont été pratiqués depuis les tems les plusanciens, d’abord au moyen des colonies phéniciennes, ensuite par la longue domina-tion exercée par les Romains sur ce pays et surtout par les conquêtes des Arabes , quis’y établirent par la force des armes et qui forment aujourd’hui la majeure partiede ses habitans. Toutefois, malgré ces croisemens, le caractère des chevaux deBarbarie révèle d’une manière évidente leur origine africaine. Ils ont environ qua-torze palmes et demie de haut (4 m ,47); ils sont suffisamment larges au milieu ducorp's; mais ils ont le ventre relevé et présentent cet aspect particulier de chienslévriers qui caractérise la race. Leur cou est long et bien fait; leur tête assez fine; lechanfrein presque convexe; leurs épaules obliques et leur garrot mince et bien pris.Leurs membres, quoique longs et délicats, sont vigoureux; leurs paturons sont obli-ques, et leurs pieds sont bien conformés. Ils sont coquets et pétulans, et bienqu’urt peu négligés dans leurs allures, leurs mouvemens sont pleins de grâce.Comparés au cheval araire, ils sont plus doux, mais moins endurans; on n’ap-porte pas les mêmes soins à leur production et à leur éducation. Les Maures, bienqu’admirables cavaliers, sont cruels pour leurs chevaux, comparativement auxArabes et aux habitans de l’Asie occidentale. Ils se servent de mors très-durs, et
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