HISTORIQUE.
vaux les princes commerçans de Tyr el de Sidon ; plus tard, Végétius et d’autresécrivains citaient les chevaux de cette contrée comme une race ayant de la tailleet de la beauté. Environ mille ans avant l’ère chrétienne, Homère parlait des che-vaux de ce pays comme d’animaux qu’on attelait aux chars des héros; et plus tardceux de la Cappadoce , de. la Phrygie et des états voisins fournissaient les coursiersqui- devaient disputer les prix dans les jeux olympiques. Aujourd’hui, les fertilescontrées de l’Asie-Mineure sont stériles et désolées; la gloire de vingt nations apassé comme un songe ; des siècles de barbarie ont profané ce beau pays et ne nousont laissé que le souvenir de son ancienne splendeur; les arts en ont disparu avecles palais de ses rois et les tombeaux de ses héros. Si leurs nobles chevaux survi-vent encore à ces ruines, bien que dégénérés, c’est que la tyrannie de l’homme n’apas tout-à-fait effacé la trace des bontés de la nature à l’égard de la production ani-male. Tous les chevaux qui appartiennent à ces contrées peuvent varier en force<ît en taille, suivant la fertilité des pays où ils vivent; mais toujours ils présententles caractères généraux qui les distinguent.
Du côté du sud, on entre dans les déserts de la Syrie et de la Mésopotamie etdans les solitudes arides de l’Arabie . De toutes les contrées de l’Orient, c’est celledernière qui est la plus renommée pour ses chevaux. Ce pays sauvage et stérilesemble toutefois n’être en possession du cheval que depuis les derniers lems de sonhistoire. Le chameau, le bœuf, le mouton, la chèvre faisaient autrefois, commeaujourd’hui, la principale nourriture de ses peuples. Le cheval paraît ne s’être in-troduit chez eux que lorsque leurs mœurs sont devenues plus vagabondes. Leurcontact avec la Perse et les contrées du cheval, au Nord, leur permit de se procurercet animal; ils le recherchèrent comme nous voyons, dans les tems modernes, lessauvages acheter des armes à feu pour s’en servir à leur défense, ou plutôt à leurdestruction mutuelle. Rien ne nous apprend à quelle époque les Arabes commen-cèrent à se servir de chevaux; mais il paraît qu’ils étaient fort rares dans le paysavant l’ère chrétienne, et même, sous le règne de Tibère César , Strabon constateque dans le sud de l’Arabie , alors appelée Arabie-Heureuse, il n’existait ni mulesni chevaux; quant au nord de l’Arabie , appelée Arabie-Déserte, il dit qu’il n’y avaitpas de chevaux, et que ies chameaux en tenaient lieu. Les belliqueux successeursde Mahomet devinrent cavaliers, et soumirent à leur domination les contrées ducheval à l’est; mais, jusqu’à l’avènement du prophète, les chevaux étaient fortrares dans le pays. Lorsqu’il marcha sur la Mecque pour tirer vengeance de sesennemis, il n’avait que deux chevaux dans son armée, et sur la liste du butin dontil s’empara, on voit figurer des chameaux, des moutons, de l’argent, des hommescaptifs, et pas un seul cheval. Mais quand une fois cet animal eut pris place parmiles animaux domestiques de ce peuple nomade, il y fut élevé avec un soin particu-
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