LE CHEVAL.
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HISTORIQUE.
lier, et il y acquit une valeur qu’il n’a jamais obtenue ailleurs. Les Arabes ont faitde leurs chevaux non-seulement un objet de luxe et de plaisir, ils y ont attaché jus-qu’à leur vie et leur liberté, et l’ont aimé comme nul peuple ne l’a fait jusqu’ici;ils en parlent avec toute la chaleur de l’enthousiasme oriental; ils chérissent lesouvenir de leurs exploits et la gloire de leurs ancêtres. Ils se sont formé ainsides familles qu’ils tiennent pour nobles, et par suite du soin qu’ils ont mis àmaintenir la pureté du sang, ils sont parvenus à surpasser tous les autres peuplesd’Orient et à perpétuer une race possédant plusieurs qualités précieuses et parfai-tement appropriées au pays et aux usages de ses habitans.
Les chevaux arabes offrent beaucoup d’analogie avec ceux du Caucase et deJ’Asie-Mineure, comme on pourrait le présumer en examinant la situation géogra-phique du pays, qui se trouve contigu à la grande région des chevaux asiatiquesdu côté du nord ; mais comme ces animaux vivent dans une contrée sèche et aride,ils y ont subi les modifications qu’entraînent nécessairement le climat et la nour-riture. Ils sont plus étoffés que le cheval de Barbarie, ont le corps arrondi, lesmembres petits, mais plus vigoureux et plus osseux. Ils appartiennent toutefois àla plus petite classe de chevaux, dépassant à peine, en moyenne, quatorze palmes,ou l m ,42 de hauteur. Comparés aux chevaux des pays riches en herbages, leuraspect est chétif, leur forme grêle et leur poitrine étroite; mais ces apparences nes’opposent pas à la force musculaire; leurs mouvemens, en effet, sont agiles, leurallure naturelle est rapide, et ils ont beaucoup d’ardeur. La vigueur de leursmembres se révèle par les muscles bien accusés de l’avant-bras et de la cuisse etles tendons saillans de la jambe. L’épaule est suffisamment oblique; le garrot estélevé, le dos est médiocrement court, les quartiers sont bons. La tête est bienfaite; le front large, les oreilles un peu. longues, mais bien plantées; les yeuxvifs et brillans, les veines proéminentes; tout l’ensemble révèle plutôt l'heureuseunion de la souplesse et de la grâce qu’il n’implique l’idée du caractère impétueuxqu’on se représente en parlant du cheval du désert. L’évêque Hébeii, dans le récitde son voyagea travers les provinces supérieures de l’Inde , trace en peu de mots,d’une manière plus complète qu’on ne le ferait avec de longues descriptions, lecaractère du cheval arabe : «Mes courses du matin, dit-il, sont très-agréables.Mon cheval est délicat, tranquille, de bonne humeur, un pur Arabe, sans crainteaucune, car il va droit à un éléphant sans sourciller; il est si docile qu’il mangeson pain dans ma main; il me témoigne autant d’attention et me fait autant decaresses qu’un chien; ces qualités semblent être le.caractère général des chevauxarabes, à en juger d’après ceux que j’ai vus dans ce pays. Ce n’est pas cet animalfier et pétulant que j’avais supposé ; il y a chez lui plus d’intelligence et de confianceen son cavalier qu’on n’en trouve chez la plupart des chevaux anglais . »
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