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)KS DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CHEVAUX.
En général, les chevaux de selle et de voiture de l’Angleterre ont depuis quelqueteins acquis celte forme plus légère qui caractérise le cheval de race, et beaucoupdes anciennes races sont devenues rares ou même ont complètement disparu. Cechangement a eu lieu dans une progression rapide depuis le commencement du siècleactuel. On peut l’attribuer au goût progressif qui fait préférer les formes plus élé-gantes et plus légères du cheval, et aussi, quoiqu’à un degré moindre, à l’améliora-tion des moyens de communications intérieures et aux modifications introduitesdans la manière de voyager.
Pendant les soixante ou soixante-dix dernières années, une révolution surpre-nante a eu lieu dans les moyens de communications de la Grande-Bretagne, parl’extension du nombre des roules et leurs améliorations. On compte aujourd’huicent soixante-dix mille milles de grandes roules pour les voilures. Pendant la der-nière partie de la même période, on a rendu les routes plus propres à toutessortes de véhicules. Ces deux causes ont produit de grands cbangemens dans lesmodes de transport et dans les communications à l’intérieur du royaume. L’usagedes malles-postes a introduit une plus grande vitesse dans la manière de voyageret fait augmenter le nombre des voilures publiques. Au lieu de voyager à quatreou cinq milles à l’heure, on est arrive par degrés à faire six, sept, huit milles,et même maintenant on fait dix et même douze milles à l’heure. Ce surcroît devitesse dans le transport des voyageurs a amené un changement parallèle dans lanature des chevaux. Les chevaux lourds et épais des anciennes voitures n’étaientplus propres à celte vitesse de marche; la nécessité s’est promptement fait sentird’employer une classe de chevaux plus légers et d’une race supérieure. La con-sommation que l’on fait de ces animaux est considérable, non seulement à causede la grande quantité qu’on affecte à cet emploi, mais aussi à cause de la rapiditéavec laquelle ils sont mis hors de service. Quoique cette espèce de chevaux soitplus propre à ce service accéléré que les anciens chevaux dont on faisait usage, etque les relais aient été plus rapprochés les uns des autres, les fardeaux ne peuventpas être réduits en proportion de l’augmentation de la vitesse.
Nous pouvons nous féliciter de la rapidité et de la facilité avec lesquelles nousvoyageons; mais nous ne jouissons de ces avantages qu’au grand détriment de cespauvres animaux. Dans aucun autre pays du monde on ne sacrifie autant la vie deschevaux qu’en Angleterre. La mortalité des chevaux des Hes-BritanHiques est enproportion de trois contre un, comparé à ce qu’elle est des autres pays de l’Europe ;ce n’est pas seulement parce que les besoins croissant de la consommation exigentqu’on les fasse travailler dans un âge trop tendre, mais aussi parce-que nos plusbeaux chevaux de selle finissent leurs jours au rude service des voilures publiques.Quand les facultés de ces animaux d’élite commencent à s’affaiblir, quand ils
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