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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE CHEVAL.

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JJES DIFFERENTES ESPÈCES DE CIIEVAEX.

sont tarés par suite d’accidens ou dos maladies, la cupidité de leurs maîtresles livre aux voitures publiques, et ils achèvent de s’user dans un travail nouveaupour eux. Combien ne voyons-nous pas de beaux animaux, fourbus, les membresdéformés par les jardons, les éparvins, s’épuisant, sous le fouet, à traîner delourdes voitures, et n’ayant en perspective d’autre terme aux coups et aux fatiguesqu’ils endurent que la mort, qu’ils trouvent bien promptement ! Tel est le spectaclequ’offrent à chaque pas nos grandes routes, tel est le prix dont nous payons les ser-vices de ces malheureuses victimes de nos intérêts ou de nos plaisirs. Mais depuisles merveilleux progrès du génie industriel, il s’est rencontré un agent puissant quisemble destiné à alléger un peu le poids de leurs fatigues : c’est la vapeur, quisubstitue des machines aux animaux. Il existe aujourd’hui, dans la Grande-Bre-tagne et l’Irlande , plus de quatre-vingts chemins de fer, dont le parcours est de plusde deux mille milles. Ces chemins, desservant les grandes lignes de communica-tions du pays, doivent nécessairement tendre à diminuer grandement tout autremode de voyager. Le système des voilures publiques n‘a pas seulement donné, pourainsi dire, naissance à une race de chevaux plus alertes et plus légers; mais il ainflué aussi sur les chevaux de selle du pays. En changeant la manière de voyager,on a diminué l’intérêt qui existait à élever certaines espèces de chevaux. Il y amaintenant bien peu de personnes qui voyagent à cheval et qui se contentent defaire cinq milles à l’heure, quand ils peuvent voyager en voiture et faire dix millesou même davantage dans le même espace de tems. Un cavalier avec ses valises

derrière lui est devenu un spectacle aussi rare que la vue d’un éléphant. C’est pour-

quoi l’espèce de chevaux de selle employée anciennement pour voyager est presqueentièrement disparue. On les appelait chevaux de route (road-horses), et ils possé-daient des qualités en rapport avec ce nom. Us étaient forts et sûrs, quoiqu’ilsn’eussent pas de sang. Leurs allures étaient le pas et le trot, et pour eux le galopétait une allure aussi étrangère que pour le cheval de charrette. Le cob aussi (dou-ble poney) était un petit cheval trapu, propre à un travail rude, qu’on ne pourraitse procurer maintenant qu’avec difficulté. On préfère maintenant pour les petitsvoyages que l’on fait à cheval des animaux plus légers, de formes et d’allures plus

dégagées, et peu des cavaliers de nos jours se contenteraient d’un cheval qui n’au-

rait pas au moins un peu de sang. L’ancien cheval de trait anglais semble avoirdisparu, ou plutôt ne sert que pour les travaux plus rudes du tirage. C’était unquadrupède vigoureux, de la forme du cheval de charrette,-ordinairement de cou-leur noire, ce qui indique son affinité avec les chevaux de Flandre , qui fournirentpendant long-tems l’Angleterre et d’autres pays de cette espèce de chevaux. Ils

avaient les épaules rondes et l’allure très-lourde; mais étant généralement dressés

d'après les règles du manège, ils avaient une démarche superbe et relevée. Leur

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