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LE CHEVAL.
DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CHEVAUX.
pas était le trot modéré, et rarement ils faisaient plus de quatre ou cinq milles àl’heure. On voit encore de ces chevaux aux carrosses de la noblesse et de la vieillebourgeoisie; mais pour la plupart ils ont cédé la place à des attelages dont les che-vaux ont plus de vitesse et de race. Le cheval de trait moderne diffère beaucoup del’ancien; c’est un cheval étoffé, ayant le degré de race suffisant pour lui communi-quer l’ardeur et l’énergie, mais en même tems pourvu de la force et de la char-pente nécessaire pour tirer une voiture. On s’en sert beaucoup pour les voiluresparticulières, comme les coupés, les cabriolets, et cette multitude d’autres voi-lures légères que l’on voit partout. Mais on ne s’en sert pas exclusivement; cepen-dant, on attèle encore diverses variétés des chevaux de selle dont le pays abonde,depuis le cheval de chasse de race jusqu’aux chevaux les plus minces, pourvu qu’ilspuissent tramer le véhicule. Enfin la tendance universelle est pour l’emploi deschevaux de formes beaucoup plus légères que ceux qu’exigeaient autrefois lapesanteur des équipages et le mauvais état des routes.
Le mot hackney, dans l’acception ordinaire, désigne une espèce de cheval propreà un service général, et on ne l’applique jamais aux chevaux de race comme le che-val pur sang et le cheval de chasse; le nom de hackney explique l’idée d’un animald’une taille moyenne, n’excédant pas quinze palmes de haut, et possédant l’ardeur,la force et l’action. Les hackneys de nos jours sont d’une forme plus élancée qu’an-ciennement, et il est plus difficile de s’en procurer maintenant de convenablesqu’au tems où les cavaliers se contentaient des anciennes espèces de hackneysd’une constitution plus solide, mais d’une race inférieure.
Le cheval de cavalerie est choisi parmi les races mélangées du pays, et a subiles mêmes modifications. 11 est devenu d’une forme plus élancée, et a pris une cer-taine pureléde race, à ce point que les chevaux de plusieurs régimens se rapprochentdes races des chevaux de chasse, et diffèrent beaucoup des lourds chevaux de dra-gons des anciens régimens. Ils eussent été l’orgueil du tems de la chevalerie, etmaintenant offrent le modèle des meilleurs et des plus puissans chevaux de cava-lerie que l’on puisse trouver.
La préoccupation des éleveurs qui les porte à donner à toutes les races plus delégèreté dans les formes, plus d’ardeur et de vitesse, a cependant amené la produc-tion de beaucoup d’individus aux formes décousues, qui ont perdu la rusticitédes anciennes races, sans atteindre aux qualités qu’on espérait leur donner avecle sang d’étalons de race. Ce mal, aujourd’hui reconnu, doit attirer l’attentionet mérite qu’on y apporte un remède.
Nous avons développé déjà le système des courses modernes, et nous avons faitvoir à quels résultats fâcheux on arrivait en diminuant la longueur des courses eten entraînant des poulains dont les organes n’avaient pas atteint cette maturité