2.66 De la construction des Plat e-b andesglois , qui ont levé cet édifice , rapportent qu’on y voit despierres de plus de soixante pieds de long fur douze de large y& treize de haut. On prétend que la maniéré la plus usitée d’é-lever les architraves fur les colonnes , étoit, à l’aide de ter-rasses disposées en plans inclinés , Sc formées par des sacs rem-plis de fable. Lorsque ces pierres étoient parvenues au-dessusdes colonnes , & placées dans la direction qu’on vouloit leurdonner , on perçoit quelques-uns des sacs supérieurs , de forteque le fable , en s’écoulant , facilitoit à l’architrave de descendre& de fe placer comme de lui-même : Pline dit que Ctésiphon seservit de ce moyen pour poser les pierres des grands architravesdu Temple de Diane à Ephèfe. Lors de la découverte de l’Amé-rique, on trouva auísi que les Péruviens fe fervoient à-peu-prèsd’un semblable procédé pour élever des poids extraordinaires, à lahauteur qu’ils vouloient.
Article Second.
Procédés des Modernes pour conflruire les Plate-bandes & lesplafonds des Colonnades.
O n fçait que les Architectes Goths n’exécutoient point de plate-bandes dans leurs édifices, mais qu’ils affectoient au contraire de leséviter, & de construire à leur place des arcs ogives d’une colonne àl’autre. Quand les Modernes, lors de la renaissance des Arts enEurope, travaillèrent ressusciter les proportions de l’Architec-ture antique, soit par la difficulté de fe procurer du marbre dansde certains pays , soit par économie, soit enfin à cause de la fa-cilité du travail, ils crurent devoir préférer la pierre , & chan-gèrent en conséquence les procédés des Grecs 6c des Romains,pour exécuter les plate-bandes des colonnades. Comme la pierren’est pas une matière aussi dure que le marbre , qu’elie est divi~