du Portail de Saint Sul ,iUu e. 343origine , on sçait qu’un fronton représente le haut d’un mur pi-gnon ■ or comme un portail est ordinairement adossé au murpignon d’un Temple, il s’ensuit que cet amortissement est alorsde convenance, & même peut être regardé comme un ornementnécessaire, relativement aux bas-reliefs en rapporta fa dédicace,qu’il est susceptible de recevoir. Austì tous les frontispices desplus fameux Temples , tant anciens que modernes, sont-ils ainstterminés.
Mais quand bien même ce ne feroit pas un usage consacré,il y a une raison particulière qui nécessite de couronner ainsi legrand portail de Saint Sulpice, attendu qu’il n’y a pas d’autremoyen de lier ensemble les deux tours. Ocez-lui cet amortisse-ment, ce n’est plus qu’une idée tronquée, où l’on paroîtra tou-jours desirer quelque chose : on dira que sur le point d’atteindreà la perfection , on s’est arrêté en-deç'a. Sans cet accompagne-ment, les tours sembleront à jamais deux grands corps hors d’ce li-vre, fans unité & rapport avec le tout ensemble. Ce n’est qu’unfronton seul sur l’ordre ionique , qui peut leur donner vérita-blement une inhérence avec la masse totale de l’édifice.
Pour en bien sentir la différence, il n’y a qu’à comparer undessein de ce portail avec un fronton b sur le second ordre, ornéd’un bas-relief,&les tours isolées ( fig. 2, PI. XXVI, ) il n’y a qu’àle comparer, dis-je, avec un autre fans fronton, & les tours fans iso-lement, telles qu’ellesfont exécutées (fig. 1 , PI. XXVIon s’ap-percevra même, fans aucune connoissance particulière dans l’Archi-tecture , qu’autant l’un est fait pour en imposer à tous les regards ,& annonce par son inspection le caractère de sa destination , aútancl’autre ne signifie rien, & est destitué de toute grâce, de toute sen-sation • c’est une façade quelconque , où quoi que ce soit ne rap-pelle son objet.
C’étoit la pensée du célébré Servandoni, Auteur de ce monu-ment. Dans le modèle qu’il proposa en 1736 , & que l’on voirdans une gallerie au-dessus du porche , il y a un fronton fur les