PREF. DE M. DE CHAMBRAY. ì*
propre bouche : paree que sans doute ils font biendéchus, à inclure qu’ils íe font éloignés de leur ori-gine, cC qu’on les a tomme transplantés che2 lesétrangers, où ils ont dégénéré si notablement qu’ilsíeroient à peine reconnoissables à l.urs Auteurs. Car,à parler franchement, avons-nous raison de nomméeencore Dorique, Ionique fie Corinthien, ces troiápauvres Ordres, maltraités Sc défigurés, comme ilsle font tous les jours pár nos óuvrieis ? Leur reste-t-ilun seul membre qui ri’ait reçu quelque altération?A peine tróuverdìt-on maintenant ( i) un Architectequi daignât íuivre les meilleurs exemples de f anti-quité. Ils veulent tous composer à leur fantaisie, fiepensent que limitation est un travail d'apprentif, Seque pour être maîtres, ìl faút nécessairement pro-duire quelque nouveauté. Pauvres gens qu’ils font,de croire qu’cn fantastiquant Une efpcce de cornicheparticulière, ou quelqu’autre chose, ils aient fait ui*Ordre nouveau, Le qu en cela leulement consiste cequ’on appelle inventer! Comme si le Panthéon, cemerveilleux Sc incomparable édifice qu’on voit en-core aujourd'hui à Rome, n'étoit pas une inventiondc eclui qui l’a bâti, parce qu’il n’a rien changé àl’Ordre Corinthien dont il est entierement composé.Ce n’est pas dans le détail des parties qu’on voit letalent d’un Architecte, il faut le juger à la distribu-tion générale de son ouvrage. Les petits esprits quine peuvent arriver à la connóistance universelle del’Art, ni en embrasser toute l’étendue, font forcésde s’arrêter là par leur impuissance, fie rampent con-tinuellement autour de ces minuties. Aussi, commeleur étude n’a point d’autre objet fie qu’ils font déja
(i) L’Auteur ccrivoit en i£;oi
h