DE M. DE CHAMBRA Y. xjles tenoient en une si haute estime parmi eux, queles premiers de leurs Républiques en exerçoient laprofession, mais d’une façon qui n’étoit point mer-cenaire. Leurs ouvrages fe payoicnt d’honneurs, Sccomme ils fe propofoient la gloire Sc ^immortalitéde leur nom pour récompense, ils ne faifoient que degrandes choies. Ce que nous lisons de cette nationí'croit difficile à croire, si la foi de leurs Auteurs n’é-toit fans reproche, Sc s’il ne restoit pas encore au-jourd’hui des marques visibles de ce qu’on nous enraconte. II n’y a rien de recommcndable au mondeque ce divin pays n’ait produit en toute excellence :les grands Capitaines, les Philosophes de toutessectes, les Poètes, les Orateurs, les Géomètres, lesPeintres, les Sculpteurs, les Architectes, 6c géné-ralement tout ce qui porte le nom de vertu est sortide-là. Voulons nous bien faire? Ne quittons point,le chemin que ces grands Maîtres nous ont ouvert,Lc íuivons leurs traces, avouant de bonne foi que lepeu de ces belles choses qui a passé jufqu’à nous, estencore de leur propre bien. C’est le sujet qui m’aengagé à commencer ce recueil par les Ordres Grecs,que j’ai été puiser dans l’Antique même, avant qued’cxamincr ce qu’en écrivent les Auteurs modernes*Car les meilleurs livres que nous ayons fur cette ma-tière, ce font les ouvrages de ces anciens Maîtresqu’on volt encore aujourd’hui fur pied, dont la beautéest si véritable 6c si universellement reconnue, qu’ily a près de deux mille ans que tout le monde l’ad-mire. C’est-là qu’il faudroit aller faire ses études pouraccoutumer les yeux 6c conformer l’imagination desjeunes gens ( i) aux idées de ces excellens esprits qui
(i) L'Académie de Peinture entretenue à Rome aux dépens du Roifour perfectionner les jeunes Artistes qui ont gagné le premier prix à.