avec la Moderne.
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De l’Ordre Ionique.
Les premieres productions des arts ont toujoursété fort rares,parcequ’il est difficile d’inventôr. Maisil n’cn est‘pas dc même de limitation. Depuis qu’oneût vu des bâtimens réguliers Lc ces fameux templesà la Dorique, dont Vuruve Lc quelques autres ont faitmention, l’Archicccturc ne demeura pas long temsen enfance: la concurrence 6c l’émulation des peuplesvoisins la fit bientôt croître & arriver à fa perfection.Les Ioniens furent les premiers compétiteurs des Do-tions en ce divin art qui fembloit tirer son originecîcs Dieux mêmes, pour procurer aux hommes plus demoyens de les honorer. £t comme ceux-ci n’avoientpas eu la gloire ni l’avantage de son invention, ilstâchèrent d’enchérir fur les Auteurs. Considérantdonc que la figure du corps de l’hommc íur laquelleon avoit formé l'Ordre Dorique, étoit d’unc tailletrop robuste cC trop masiìve pour convenir aux édi-fices sacrés, ôc à la représentation des choses célestes,ils voulurent en composer un à leur mode, & choi-sirent un autre modèle d’une proportion plus élé-gante, ayant plus d’égard à la beauté qu’à la soli-dité de l’ouvrage, ce qui donna lieu dc lc nommerl’Ordre féminin, par ce qu’il dégénéroit dans la mol-lesse. Et en effet, bientôt après on vit naître l’OrdreCaryatide, qui lut un très grand outrage à ce pauvresexe 6c une honte à l’Architccture, d’avoir si dérai-sonnablement employé une chose foible Lc délicateà faire un office où la force & la dureté étoient ab-solument néccstaires. L’Ordre Gothique, qui estl’ineptie êC comme lc singe dc l’Architccture, à
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