avec la Moderne. 69
Charles Èrtard & Claude Perrault, sur le piedejîal de l’OrdreIonique. Planche 30.
On remarque dans le piédestal de l’Ordre Ionique à'Errard,représenté fur cette planche, une profusion d’ornemens quipourroic faire croire qu’il savoir plutôt destiné pour un OrdreCorinthien que pour un Ionique, fur-tour étant comparé avecle dessein de ce maître qu’on vient de voir sur la planche 2 3,où i! a eu l’attention de n’en mettre qu’avec beaucoup de mé-nagement. Le dé de son piédestal est excessivement grand, ayant4 modules 8 minutes de hauteur. Errard en a rempli le vuidepar le moyen d’un bas relief d’ornement enfermé dans un doublecadre, qui semble diminuer un peu de cette grande élévation dudé. Sa corniche n’cst pas heureuse : elle est beaucoup trop char-gée de moulures, & les deux oves qu’il y a introduits ( lesquelsne font séparés que par le larmier < 5 c deux astragales) ne son<pas un exemple à imiter.
La base de la colonne qu’on voir sur cette planche est d’undessein bien différent que celle de la planche 23 : elle est beau-coup trop riche pour un Ordre Ionique, & sembleroit une imi-tation de celle de l’Ordre Corinthien des thermes de Diocté-tien , fr notre Auteur n’avoit encore renchéri fur celle ci enajoutant un astragale au-deíTus du tore supérieur, comme ill’aveit déja pratiqué ci devant pour la base de son Ordre Do-rique. Voye^ la planche 10.
Le piedesta! de Perrault , pour l’Ordre Ionique, paroi r d’au-tant plus sage & mieux proportionné, que celui de son collègueest outré dans son abondance de moulures ìk d’ornemcns. Per-rault semble avoir donné la préférence à Palladio pour la basede son piedesta!, avant conservé les mena es proportions que cemaître pour son socle, qui est fort élevé, & pour la doucinequiest au-deíTus. Ii a seulement substitué un réglé t â l’aítragale & ailfi ler que Palladio avoit mis sur certe doucine, ce qui produit unmeilleur ester. Au reste Perrault donne 100 parties à la hau-teur de son dé, 40 à La base, & 20 à la corniche, qui est tou-jours moitié de !a base.
Le nombre des cannelures dans cet Ordre, ainsi que dans lesfui van s, est ordinairement de 24, & quelquefois de 3 2 : leur en-foncement est de tout le demi-cercle. L’enrre-deux des canne-lures, qu’on appelle la côte , est d’un tiers de la largeur de cesmêmes cannelures : elles doivent fe terminer en demi-cçrcle auhaut & au bas de la colonne,