avec la Moderne. 73des personnes intelligentes, comme l’òuvrage Co-rinthien le plus régulier & le plus fameux de tousles restes de Pancienne Rome, m’a semblé Je meil-leur modèle que je puise prendre, quoiqu’il s’y entrouve d’autrcs beaucoup plus riches en ornemens6c d’une beauté plus délicate. Mais comme les goûtsfont différons, j'ai suivi le mien qui penche pour leschoses solides 6c un peu simples, lesquelles me sem-blent plus majestueuses. Néanmoins, parce qu’il estsouvent nécessaire à un Architecte de s’accommoderà l’humeur dc ceux qui l’cmploient, 6c qu’il se ren-contre aussi des occasions ou il faut paroître magni-fique, comme à des arcs de triomphe, aux palaisdes Rois, aux basiliques, aux thermes, qui étoientfort en usage du te m s des Anciens, 6c à d’autres sem-blables grands édifices, où l’on considéré principale-ment le luxe 6c la profusion : je vais en rapporterquelques exemples des plus fameux de Pantiquité ,le premier deíquels fera ce grand reste de frontis-pice qu’on appclloit la tour de Néron , lequel a étédémoli depuis ( 1 ) trente années, à la honte dc ceíìccle-ci, par l’avarice de quelques particuliers. C’é-toit une des plus rares picces dc Pantiquité, tantpour la beauté 6c la richesse de ses ornemens quepour la composition des membres de cet Ordre , ouisemble, même sur le papier, d’une Architecture fiere6c terrible. Le judicieux Architecte de cet ouvrageavoit trouvé le moyen d’introduirc dans son desseinune grandeur de maniéré laquelle égaloit Pénormitédes masses dc pierres qu’il fit entrer dans la struc-ture de cet édifice gigantesque, dont les colonnesavoient six pieds de diamètre.
(1) M. de C/umbrjy é crivoit vers l’an 16/0, que la premiere éditionde son livre parut.
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