Band 
Tome premier.
Seite
111
JPEG-Download
 

DES INSTITUTIONS MILITAIRES. I I I

leur famille dans la famille de l’état. Il est né-cessaire, sans contredit, de les assujétir à une dis-cipline ferme et sévère ; mais il faut que cette dis-cipline soit fixe et déterminée: ils ont des droits,ils exigent des soins, des égards ; il faut leur adou-cir les peines, leur prodiguer les récompenses,s’adresser envers eux essentiellement à l’honneur.Il en résulte un tout autre système de législation.

La différence ne s’étend pas seulement au ré-gime intérieur ou à la discipline: la solde, l’orga-nisation, tout change selon ces deux formations. 11faut beaucoup d’officiers pour conduire un petitnombre de mercenaires qui, selon l’expressionde Guibert, « ne gagnent rien à vaincre, et ne» perdent rien à être vaincus. » Il en faut beau-coup moins pour guider les pas et modérer l’ar-deur d’un grand nombre de citoyens dévoués.Ceux-ci, il est vrai, participant tous égalementaux grades, aux honneurs, il faut que l’état lesmette en situation de soutenir la dignité de leurrang pendant le service, et leur prépare desmoyens honorables d’existence à la fin de la vie;tandis que, parmi les mercenaires, les classes ri-ches ayant le privilège de commander, l’état, s’ilpaie fort cher les soldats, n’a pas besoin de s’oc-cuper de la fortune et du sort des officiers.

Ayant saisi ces différences, et connaissant à la-quelle des deux formations se rapporte celle denotre armée, nous avons une règle sûre pour con-cevoir toutes nos institutions. Ce sera donc con-formément à l’esprit des hautes considérations qui