REGIME INTERNE.
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courtisans, ces braves gens, dis-je, revenaientdans lin état affreux de dénuement et de misère.Tous les liens de la discipline étaient brisés, et ladésorganisation la plus complète, livrait chacunà lui-même. Chacun songeait à sa subsistance, à sasa sûreté : c’était l’image de l’état de nature, de cecruel état où les hommes vivaient sans chefs, sansrègle et sans frein.
Un général de division est chargé de rassemblerces hommes malheureux, ces hommes irrités; ilne perd point le temps à les réprimander, à lespunir dans leur état d’isolement et de désordre. Illes réorganise, il leur donne des chefs, il en faitune troupe. Il prend soin de cette troupe ; il estjuste envers elle, et l’ordre semble rétabli. Maisl’habitude de l’indiscipline est bien forte. Cepen-dant, en moins de quinze jours cette troupe indo-cile devient l’exemple de la docilité; elle est assu-jétie à quatre appels par jour avec armes et ba-gages ; elle se soumet à tous les travaux ordinaireset extraordinaires de la place et de l’armée; et ellese fait aimer de ses hôtes, que naguères elle faisaittrembler. Comment s’est opérée cette métamor-phose? le voici : chaque fois qu’un soldat commet-tait une faute grave, telle par exemple, que demaltraiter ses hôtes, le colonel était puni; et, vou-lait-il en savoir la cause? « Si vous aviez, lui disait» le général, envoyé vos chefs de bataillon; ceux-» ci, les capitaines, qui auraient envoyé les lieu-» tenans; lesquels seraient allés avec les sergens,