DE LA. SUBORDINATION. 2l3
« Un chef, dit-il, doit se faire informer exacte-» ment et directement par les chefs des légions,» sans l’intermédiaire d’aucune police indirecte,» des moindres indices d’insubordination, qui» pourraient se manifester. Quand il a acquis des» renseignemens positifs à cet égard, il fait un» choix des hommes désignés, et les éloigne du» camp, sous le prétexte de les employer à quel-» que chose d’utile, à quelque travail qui leur» puisse à eux-mêmes paraître avantageux; et de» manière qu’étant des hommes rejetés, ils se» croient des hommes de choix. Cette précaution» est nécessaire, parce que la multitude est portée« à se précipiter dans le désordre, pourpeu qu’elle» y soit entraînée par un petit nombre de gens» qui, en la séduisant, comptent s’assurer l’impu-» nité. Si la nécessité la plus extrême vous porte» aux rigueurs, faites, selon la coutume de nos» ancêtres, tomber toute la vengeance des lois» sur les principaux auteurs du crime, afin d’ins-» pirer de la crainte à tout le monde, par le sup-» plice de quelques individus (i). »
Il y aussi des moyens de prévoir ces sortes d’o-rages, et de calculer leur intensité; par exem-
(i) Du .t autem debet esse attentus ut in omnibus legionibus ,si (jui turbulenti vel seditiosi sunt milites, non pro invidid sug-gerentium, sed pro rerum ver date cognoscat , eosque pruden-tion consilu segregatos à castris , ad agcndum aliquid quod ipsisprope vuleatur optabile, aut ad castella urbesque deputct mu-niendas atque seivçndas, tanta subtilitate , ut cum abjicientur