DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 1 I 3i
peuples qui les habitent, les classes supérieuresdescendre, sans que les autres montent; et lesunes et les autres sont d’autant plus mai à leuraise, qu’elles déclinent davantage. Examinez lescauses, et vous verrez que les habitudes, les pré-jugés retenant les bras, enchaînant le génie, onnéglige les améliorations nécessaires, et qu’on nefait pas les établissemens'utiles, parce que l’on necompte pas assez sur la protection des lois; c’estce qu’on exprime très-bien, en disant que chez unpeuple qui n’est pas libre, les terres ne rapportentque la moitié de ce qu’elles pourraient rapporter.
Dans tout pays où l’on aperçoit la paresse, etoù la mendicité l’annonce , il ne faut pas chercherune grande abondance : la routine s’oppose auxprogrès de l’art, le peuple est entretenu dans l’é-tat d’ignorance, et la terre n’est pas suffisammenttourmentée. Dans des pays plus malheureux en-core, où l’on voit des landes, des bruyères,le peuple est réduit, par le malheur et les im-pôts, à cet état de misere, où l’indolence dédom-mage de tout.
Ces trois situations auront opéré une sorte declassement parmi les agriculteurs d’une même con-trée. Au dernier rang, se trouveront des colons,serfs, ou tout au plus censitaires; gens plus ou moinsmalheureux , ne demandant à la terre que ce qu’ilfaut pour vivre, et payer leurs redevances; vousapercevrez une amélioration sensible dans le paysoù se trouveront des métayers; l’agriculture serabeaucoup mieux traitée par des fermiers; ce sont5. 8