de l’économie politique, i 53
Partout où il y a moins d’argent à prêter, qu’onne cherche à en emprunter, l’intérêt s’élève, etréciproquement. Prétendre fixer l’intérêt, c’esttenter d’assigner un maximum à une marchan-dise, quand tous les autres sont libres. On ne peutpas plus dire qu’il y a un intérêt légal, qu’unchange légal; les scholastiques et les théologiens,ont été la cause de toutes les erreurs à cet égard.La proscription de ce qu’on appela l’usure (i),ne fut autre chose que la proscription du com-merce; elle refoula l’industrie dans les mains desJuifs; ceux-ci, envahirent tous les pays de l’Eu-rope, comme les Francs ont envahi les pays del’Asie ; et parce que les uns et les autres, ont étéde quelques secours pour les gouvernemens quiles ont reçus, long-temps le monopole leur estresté sans aucun partage avec les habitans. Maisles vexations par lesquelles on fit long-tempsacheter aux Juifs, la liberté de commercer, deposséder et de vivre , furent la cause de l’élé-vation exorbitante de l’intérêt de l’argent, et desa proscription , sous le nom d’usure. Chacunconnaît les avanies auxquelles les négocians sontsujets, dans l’Orient; il en fut de même parminous à l’égard des Juifs : le roi Jean, et Henri III ,pour leur extorquer une partie de leurs béné-fices, allèrent, dit-on, jusqu’à des tortures dignesdes temps et des pays les plus barbares ( arra-cher les dents et crever les yeux ). « On ven-
(x) De ce que l’argent manié s’use.