DES IMPOTS, EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS. 3a 1
CHAPITRE III.
Opération de VÉtat-major des armées, en matièred’impôts et d’Emprunts.
Les armées en campagne, nous l’avons dit, re-présentent un petit peuple, dont l’état-major estle centre de gouvernement; elles ont les mêmesbesoins, et n’ont, pour y pourvoir, que desmoyens semblables ; leur prospérité est attachéeaux mêmes conditions, et à des conditions plusdifficiles à remplir.
En effet, le bruit des armes ne manque jamaisde troubler l’ordre accoutumé : à l’aspect de l’é-tranger , sous quelque apparence qu’il se pré-sente, les lois sont suspendues; on cesse de re-connaître l’autorité des magistrats ; on se refuseà'payer les impôts; chacun croit passer sous unnouveau maître , que quelquefois on supposemeilleur et plus doux que celui qui l’a précédé ;le désordre est partout, l’ordre n’est nulle part. Aubruit des armes étrangères, les métiers s’arrêtent,les ateliers sont déserts, le laboureur s’enfuit, lecommerçant se cache, les canaux s’obstruent, leschemins se dégradent, les denrées s’enfouissent,les disettes surviennent; et, faute d’en avoir ob-servé les causes, on prend ces disettes factices pour5 . 21